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Justine Gosselin-Gagné : UQAM - Université du Québec à Montréal
Au Québec, Montréal constitue le principal lieu d’établissement des familles immigrantes. Par conséquent, près de 67% des élèves scolarisés dans les écoles du réseau public de la métropole sont issus de l’immigration (RRM, 2020). S’il ne s’agit pas d’un groupe a priori en difficulté, plusieurs sont néanmoins aux prises avec des vulnérabilités intrinsèquement liées à leur parcours migratoire ou à celui de leurs parents, une réalité se juxtaposant aux autres défis du parcours scolaire (Kanouté et Lafortune, 2011). Pour soutenir la réussite de ces élèves, les écoles qu’ils fréquentent doivent s’adapter à cette réalité en mobilisant une variété de ressources matérielles et humaines. Le paradigme de l’éducation inclusive est de plus en plus employé afin d’arguer l’importance de la prise en compte de différents besoins. Plusieurs auteurs l’emploient plus spécifiquement comme perspective qui reconnaît la nécessité de s’adapter aux diversités sociales et ethnoculturelles (Potvin, 2014). Dans le cadre de cette recherche ethnographique (Woods, 1990), les caractéristiques (ex. : pratiques de leadership, collaboratives, pédagogiques) de deux écoles primaires montréalaises ont été recensées. À partir d’une perspective systémique, les regards de divers acteurs gravitant autour d’elles ont également été croisés. Cette recherche permet d’illustrer comment une approche dite inclusive, dans une perspective d’équité et de soutien à la réussite de chaque élève, peut s’actualiser au quotidien.
Les élèves qui composent les écoles du Québec se caractérisent par une pluralité de profils, de réalités et de parcours, notamment alimentés par la diversité des élèves issus de l’immigration (EII) (MELS, 2014). Pour mettre en place des conditions susceptibles de soutenir l’expérience socioscolaire des EII et de leurs familles, plusieurs écrits soulèvent la nécessité de s’appuyer sur la responsabilité collective des membres de la communauté éducative (ex. : directions, membres du personnel scolaire ou de la communauté, parents d’élèves) (Kanouté et al., 2011). Il paraît également nécessaire de s’attarder aux besoins des EII de façon systémique, c’est-à-dire en mobilisant tous les niveaux du système scolaire (ex. : ministère, centres de services scolaires (CSS), écoles, pratiques enseignantes) (Mc Andrew et al., 2015).
Depuis quelques années, des écrits scientifiques recourent au concept d’équité pour étudier l’expérience socioscolaire des EII (Borri-Anadon et al., 2021; Potvin et al., 2018), celui-ci étant vu comme un moyen permettant de prendre en compte les particularités des élèves et de leurs familles, de réduire les obstacles susceptibles de nuire à la réalisation du potentiel éducatif des EII et de tendre vers l’égalité pour tous et pour toutes (OFDE, 2014). Le concept est aussi sollicité dans des écrits gouvernementaux (CSE, 2016 et 2017; MEES, 2017) et dans de nombreux plans d’engagement vers la réussite de CSS (ex. : CSS Marie-Victorin).
Le présent colloque vise à stimuler des réflexions collectives entre des protagonistes de divers horizons, avec des pouvoirs d’agir et des postures variés sur les questions suivantes : comment les initiatives et les pratiques mises en place dans le milieu scolaire québécois contribuent-elles à l’équité et à l’inclusion des EII et de leurs familles? Comment pourrions-nous faire encore mieux? Comment favoriser une mobilisation collective autour des enjeux d’équité et d’inclusion qui concernent les EII et leurs familles?
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