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Mariève Forest : Université d'Ottawa
L’éducation postsecondaire dans la langue de la minorité s’est développée au cours des cinquante dernières années, mais sans les protections juridiques dont bénéficient l’éducation primaire et l’éducation secondaire. Pourtant, l’environnement linguistique des études postsecondaires aurait une incidence importante sur la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) qui contribuent notamment au développement des compétences sociolinguistiques et du sentiment de compétence linguistique, à la construction de l’identité culturelle et linguistique, à la satisfaction à l’égard de la vie, à la préparation professionnelle et à l’accès à des possibilités économiques.
Notre étude brosse un portrait de l’éducation postsecondaire dans la langue de la minorité, ainsi que des enjeux liés à l’éducation postsecondaire en français en contexte minoritaire. Dans un premier temps, nous présentons une description quantitative des études postsecondaires en anglais au Québec et de celles en français à l’extérieur du Québec. Dans un second temps, une analyse des dynamiques permettant de comprendre les particularités de l’éducation postsecondaire dans la langue de la minorité est esquissée.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des pays sont entrés dans ce que certains appellent la « société du savoir » (Bernatchez, 2014; UNESCO, 2005). L’enseignement supérieur (ES) est un pilier des sociétés du savoir, en ce sens qu’il est dépositaire des connaissances accumulées par l’humanité et assure une formation (tout au long de la vie) permettant aux citoyens de fonctionner dans leur société tout en produisant de nouvelles connaissances sur des enjeux complexes (comme la génétique, l’insécurité alimentaire, l’intelligence artificielle, la robotique avancée). L’ES contribue également à la réputation des États où les découvertes ont été produites (Hazelkorn, 2013; Marginson, 2016; UNESCO, 2005).
Au cœur de la société du savoir, l’ES représente des investissements mondiaux de 1 900 milliards de dollars (Kim, 2017); au Canada, les revenus totaux des établissements d’ES dépassent les 38,7 milliards (Statistique Canada, 2020). Ces investissements servent à soutenir les missions de l’ES, qui contribuent directement à la société du savoir par ses activités : enseignement et apprentissage; recherche et innovation; service aux collectivités (Kerr, 1963). Or, malgré la multiplication des rapports et des avis du Conseil supérieur de l’éducation, des rapports et des analyses faits pour le gouvernement (Bissonnette et Porter, 2013; Corbo, 2013, 2017) et des recommandations découlant du chantier sur l’université du futur (Quirion, Bergeron, Corbo et al., 2021), notre connaissance des conditions dans lesquelles s’accomplissent ces missions demeure limitée.
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