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Véronique Benacchio : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Les inondations liées aux crues printanières de 2011, 2017 et 2019 au Québec ont révélé les lacunes dans la connaissance des risques liés aux inondations à l’échelle provinciale. Jusqu’au début du projet EPRI, mené par le MSP, en 2016, il n’existait au Québec que des études locales et hétérogènes sur ce thème. L’EPRI vise à produire un portrait provincial du risque lié aux inondations afin d’identifier des zones à plus fort risque, pour mieux le prévenir et mieux cibler les actions à mener. L’EPRI est calculé à partir du croisement de données d’aléa et de vulnérabilité. Les données d’aléa exploitées proviennent de cartes de zones inondées préliminaires du projet INFO-Crue, mené par le MELCC. Les données de vulnérabilité sont, d’une part, des polygones de bâtiments extraits de la base de données « Bâtiments » gérée par le MSP. D’autre part, ce sont des linéaires routiers provenant de la base de données « AQ réseau », mise à disposition par le MERN. Cette communication exposera la méthode de calcul et les modes de représentation de l’EPRI. Six indicateurs, qui concernent les logements, habitants et routes inondés, sont calculés de manière semi-automatisée sous ArcGIS (ESRI). Des cartes et des graphiques sont générés pour diversifier les moyens de comparaison des valeurs calculées. Ils permettent de localiser les zones à plus fort risque, de faire ressortir une hiérarchisation des enjeux de gestion et de mettre en évidence différents types d’enjeux locaux.
DES RISQUES NATURELS SOUS-ESTIMÉS?
Le Québec, à l’instar d’autres régions du monde, fait face à un défi sans cesse croissant, celui de pertes économiques, et quelquefois de vies humaines, engendrées par des catastrophes naturelles. Pour les seules inondations, le gouvernement du Québec a instauré par décret en 2019 une zone d’intervention spéciale (ZIS) qui impose un moratoire sur la construction de bâtiments et sur la reconstruction de ceux qui ont été détruits par une inondation. Cela pose toute la difficulté d’appliquer une réglementation qu’il faudra, par ailleurs, parfaire. La multiplication des cartographies de zones inondables, par de nombreux acteurs, n’aide pas à convaincre. Elle montre surtout les limites d’une approche probabiliste sur les périodes de retour d’événements extrêmes.
Les changements climatiques vont exacerber d’autres risques, quelque peu sous-estimés. Les vagues de chaleur et les incendies de forêt constitueront les nouveaux défis pour les années à venir. Il est important de réviser les modèles de prévision, par rapport à ces risques, et de mettre en place des politiques de prévention et d’intervention rigoureuses.
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