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Exploitations croisées : pour éthique écoféministe du care

CG

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Cecile Gagnon : Université de Montréal

Résumé de la communication

Le système capitaliste repose sur deux conditions de possibilité invisibilisées et conséquemment exploitées : le travail de care (majoritairement féminin et racisé) et les ressources naturelles, la nature. Dans cette communication, il sera proposé de développer une éthique écoféministe du care afin de critiquer les dynamiques d’exploitation sur lesquelles repose le système économique capitaliste et de proposer une réponse capable à la fois de répondre aux enjeux distributifs et symboliques que ces dynamiques produisent et cristallisent. Seront principalement mobilisés les travaux de Tronto qui mettent en lumière les injustices matérielles que (re)produisent la marginalisation théorique et politique du travail de care ainsi que de ses principales prestataires et bénéficiaires, et les travaux de l’écoféministe Plumwood qui mettent en lumière les injustices culturelles que (re)produisent plusieurs dualismes classiques de la pensée occidentale. Pourra alors être articulée une théorie en mesure d’éviter les dangers d’apories de ces deux théories lorsqu’elles sont mobilisées seules, en cristallisant des rapports de domination économique, ou des conceptions essentialisantes de la féminité et de la nature. Une éthique écoféministe de care ouvre sur une ontologie relationnelle au cœur de laquelle les concepts de vulnérabilité et d’incarnation permettent de repenser les rapports économiques et culturels autant envers le care que la nature pour mettre fin à leur exploitation.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.

Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.

Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».

Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
news icon Thème du colloque :
Science, philosophie, société
section icon Date : 11 mai 2022

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Titre du colloque :

Science, philosophie, société

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Thème du colloque :

Science, philosophie, société