pen icon Colloque
quote

Face au stress, la diversité fonctionnelle des plantes limite les pertes de la productivité

BB

Membre a labase

Bérenger Bourgeois : Université Laval

Résumé de la communication

Les traits fonctionnels permettent d’explorer les mécanismes liant diversité végétale et productivité des écosystèmes et l’ajustement écophysiologique des plantes à leur environnement. Quatre plantes pérennes, soit deux graminées, une légumineuse et une dicotylédone non-légumineuse, ont été cultivées en monoculture ou en mélange de deux, trois ou quatre espèces, placées en serre en conditions de capacité au champ ou d’inondation. Après six semaines, la biomasse aérienne et souterraine de ces plantes a été mesurée ainsi que cinq traits racinaires. L’inondation réduisait la production de biomasse aérienne et souterraine de 60 % à 64 %, cette perte de productivité n’étant ni associée à la richesse en espèces, ni à la richesse en groupes fonctionnels des communautés. À l’inverse, les moyennes pondérées sur la communauté (MPC) des valeurs de traits contribuaient jusqu’à 77 % aux variations de biomasse observée en condition d’inondation. Ainsi, une augmentation des MCP pour la longueur, le diamètre ou le volume des racines favorisait la production de biomasse aérienne et souterraine, tandis qu’une relation négative était observée avec le MCP pour la proportion de racines fines. La diversité fonctionnelle des plantes contribuait donc majoritairement au maintien de la productivité en condition de stress hydrique. Dans un contexte de changements climatiques, diversifier les cultures pérennes sur la base de leurs traits racinaires peut favoriser la résilience des agroécosystèmes.

Résumé du colloque

La résilience est la capacité que possède un écosystème, agricole ou forestier par exemple, à revenir à un état d’équilibre et à reprendre ses fonctions après une perturbation (p. ex., sécheresse, infestation par un ravageur). Avec les changements climatiques, une augmentation du nombre et de l’ampleur des perturbations est à prévoir, d’où l’importance d’avoir des systèmes résilients. Les systèmes racinaires sont multifonctionnels : en plus de permettre aux végétaux de s’ancrer au sol, de se nourrir et de stocker des ressources, ils contribuent à structurer le sol, à l’enrichir en matière organique, à établir la communication entre le microbiome du sol et la plante au moyen des exsudats racinaires et à réguler le cycle de l’eau et des éléments nutritifs. L’ampleur du rôle des racines dans le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes est encore méconnue. L’identité et les valeurs des traits racinaires à favoriser ne font pas consensus, ni la façon de les améliorer, soit par l’entremise de la génétique ou de la gestion des cultures et des sols. Finalement, le domaine de l’agronomie pourrait bénéficier des recherches réalisées à cet égard dans des domaines connexes comme l’écologie et l’agroforesterie. Un meilleur dialogue entre chercheur-e-s de ces divers domaines et disciplines pourrait améliorer notre compréhension de l’effet des traits racinaires sur le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes, et des leviers dont on dispose pour rehausser cette résilience, dans l’optique de faire diminuer la vulnérabilité des agroécosystèmes face aux impacts des changements climatiques.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 11 mai 2022

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :