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Fêtes libres et construction(s) identitaire(s) : intérêts et risques de la perspective ethnobiographique

AG

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Alexis Grussi : École des hautes études en sciences sociales

Résumé de la communication

Si les fêtes libres ont été analysées à l’aune de leurs caractères complexes (Kosmicki, 2008; 2010), c’est aussi le regard quant à la manière dont leurs participant.e.s y développent leurs identités et entretiennent un rapport subjectif à celles-ci (Hoareau, 2017) qui permet de pouvoir saisir la participation à ces manifestations festives telle une réelle expérience (Dubet, 1994) constitutive de la narration identitaire et initiatique. Toutefois, les représentations médiatiques dominantes situent la plupart des participant.e.s comme des jeunes « en errance » et autres qualificatifs niant l’agentivité de ces acteur.trice.s. S’approprier l’espace public voire contester la propriété privé ou s’inscrire dans une logique de transgression est un enjeu central pour les personnes prenant part aux fêtes libres. La mobilisation d’une méthodologie ethnobiographique de la déviance permet de révéler que la transgression n’est pas toujours voulue. De là, il semble important de pouvoir développer une perspective critique quant à la place octroyée à la jeunesse et à ses polyphonies – tant narratives que musicales. Une importance particulière sera laissée aux propositions et souhaits des 14 acteur.trices.s rencontré.e.s concernant la possibilité de pouvoir concevoir des espaces permettant de pallier les contraintes sociales, légales et urbanistiques quant au manque d’espace octroyé à la fête et à ses rites nécessaires, pour pouvoir s’épanouir intimement et publiquement.

Résumé du colloque

Ce colloque propose, à partir des travaux conduits dans le cadre d’une recherche partenariale comparative (TRYSPACES), de revenir sur le rôle des jeunes dans les transformations culturelles, sociales, économiques et politiques des espaces publics de quatre villes (Hanoï, Montréal, Mexico, Paris). Visibles dans les espaces publics par effets de pratiques spécifiques qui interpellent, déforment, dérangent et repoussent les limites imposées par les normes et la régulation sociales, les jeunes avec lesquelles nous travaillons depuis 2017 transgressent l’ordre établi des villes contemporaines, soit par choix (les pratiques transgressives peuvent être attrayantes), soit par nécessité (par exemple pour « prendre place » malgré les contraintes sociales, légales ou urbanistiques). Leur présence publique, surtout quand elle est de longue durée, statique, nocturne, génère une stigmatisation et une réprobation à géométrie variable, en fonction de leurs identités multiples. Loin de constituer un groupe monolithique, leur expérience de l’espace public est en effet définie par le contexte socioculturel et politique, mais aussi par le fait d’être une fille, un-e jeune racisé-e, autochtone, de vivre avec un handicap ou d’habiter un quartier excentré. Par l’entremise de plusieurs études de cas menées par des chercheur-euses, des étudiant-es et des jeunes basé-es à Montréal et dans les autres villes du projet, ce colloque réfléchira à la façon dont les jeunes utilisent les espaces publics et aux déterminants de la perception de ces usages comme transgressifs. Quelles sont les conséquences de ces pratiques dites transgressives sur la régulation des espaces publics et la gouvernance urbaine? Comment les jeunes procèdent-ils et elles pour s’approprier certains espaces? En quoi ceci contribue-t-il à la constitution de leur identité, leur permet-il d’exprimer leur vision du monde et de se faire une place dans un monde de plus en plus urbain et interconnecté?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 11 mai 2022

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