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Myriam Lepage-Lamazzi Myriam : Mouvement Jeunes et santé mentale
Depuis 2016, le Mouvement jeunes et santé mentale (MJSM) est né d’une volonté de redonner la parole et le pouvoir aux jeunes en lien avec la médicalisation des enjeux sociaux qui les touchent. Notre mouvement accueille donc, dans son comité de coordination, des jeunes issus de différents milieux afin de profiter de leur savoir expérientiel pour orienter nos décision et actions. Les jeunes militants au sein de notre mouvement témoignent des impacts que cet engagement citoyen a eu sur eux, que ce soit au niveau de leur confiance en leur capacité d’agir qu’au niveau de leur connaissances sur leurs droits en lien avec la santé mentale. Nous croyons donc que donner l’occasion aux jeunes de prendre part aux processus décisionnels et d’avoir ainsi une implication citoyenne significative augmente leurs chances d’être traités adéquatement et de se faire entendre quant aux services en santé mentale qu’ils reçoivent. Le MJSM propose donc une courte table ronde/entrevue, animée par sa coordonnatrice, Myriam Lepage-Lamazzi, en compagnie de 2 jeunes militants impliqués au sein du mouvement, afin de discuter de la différence que peut faire le respect de leurs droits au travers du parcours de soins et des apports de leur implication sur leurs interactions avec le système de santé.
Les récentes orientations de l’Organisation mondiale de la santé (2021) font état de violations persistantes des droits humains en santé mentale, s’exprimant par le maintien du recours à la coercition comme traitement et de difficultés d’accès aux services offerts en communauté. Le recours à la coercition, fortement enchevêtré à la culture d’intervention psychiatrique, tend également à s’étendre au champ social. L’utilisation grandissante de procédures médico-légales autorisant l’hospitalisation et le traitement involontaires (Lebenbaum et al., 2018; Sashidharan, Mezzina et Puras, 2019), tout comme le recours aux tribunaux spécialisés en santé mentale, constitue les exemples contemporains les plus évidents d’une tendance lourde à la judiciarisation des pratiques d’intervention.
Une logique implacable d’exceptionnalisme expose les limites du droit sur le traitement réservé aux personnes vivant avec un problème de santé mentale. Cette logique est décrite comme une situation où « la psychiatrie revendique un statut spécial par rapport aux autres disciplines médicales […] et […] cumulativement, ces tentatives d’être ou de paraître exceptionnel ont pour effet involontaire de renforcer l’image des psychiatres et de leurs patients comme des figures d’exception » (Kontos, Freudenreich et Querques, 2018). Cette logique d’exception se caractérise par un ensemble diversifié de pratiques de contrôle social attribuant aux intervenants médico-sociaux un important pouvoir discrétionnaire. Elle cible les populations marginales et « procède à un ciblage des segments de la société considérés comme à risque, un quadrillage disciplinaire dense et une surveillance de tous les instants » (Berthelet, 2015).
Ce colloque proposera d’analyser cette problématique selon une perspective interdisciplinaire et intersectorielle. Il fera appel à différents acteurs issus de domaines diversifiés, tels que le droit, la sociologie, l’intervention communautaire, le travail social ou les soins infirmiers. L’objectif poursuivi lors de cette journée sera de discuter des enjeux d’accès à la justice et de mise en œuvre des droits humains en santé mentale. Différentes stratégies susceptibles de soutenir une transformation durable des pratiques seront discutées. Les discussions et les réflexions proposées tiendront compte des enjeux systémiques et structurels contribuant aux difficultés de mise en œuvre des droits humains en santé mentale, des contextes d’intervention, de l’expérience des personnes concernées et des pratiques de soutien et d’accompagnement favorables à la reconnaissance de ces droits.
Titre du colloque :