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Naomie Léonard : INRS - Institut national de la recherche scientifique
Les paradigmes épistémiques occidentaux ont longuement réduit le corps à un obstacle dans le processus de recherche scientifique. Et si de plus en plus de perspectives critiques unissent leurs voix afin de valoriser la place de corps dans nos relations au monde et ses constituantes, il est encore marginal de l’intégrer entièrement dans sa méthode de recherche. Dans le cadre de mon doctorat en études urbaines, je m’intéresse aux sentiment d’(in)sécurité de femmes autochtones en milieu urbain et j’ai choisi d’adopter la cartographie corporelle comme méthode afin que le corps soit central au processus de recherche tout comme il est central au rapport à l’espace. Ce choix me permet d’opérationnaliser mon ancrage théorique dans les perspectives écoféministes décoloniales et les éthiques du care.
Les études féministes et de genre contribuent depuis leur émergence à enrichir le milieu québécois de la recherche. Elles se caractérisent aujourd’hui par un foisonnement impliquant de nouvelles avenues de recherche. Les chercheur·euse·s de différentes disciplines mobilisent des outils théoriques et des méthodes de recherche féministes divers. Si le champ des études féministes et de genre se présente comme étant dynamique et prolifique, il est toutefois dispersé parmi plusieurs disciplines et institutions. Il devient alors impératif de constituer de manière récurrente des espaces qui permettent de prendre acte du panorama des travaux théoriques et empiriques en études féministes et de genre et de témoigner de la richesse de la production scientifique au sein de la communauté de recherche professorale et étudiante, et de l’apport des milieux de pratique et militants.
Le colloque proposé constitue un espace au carrefour duquel seront mis en lumière des enjeux qui (re)traduisent la structure concrète et symbolique des différents systèmes d’oppression, dont le patriarcat. Certains objets de recherche plus classiques articulés autour des violences de genre, des représentations culturelles et des discours, du langage et de l’écriture ou encore de l’écoféminisme, sont toujours étudiés. Ceux-ci sont revisités avec des outils théoriques et méthodologiques hérités des débats traversant notamment le champ des études féministes et de genre. D’autres objets de recherche voient le jour à la faveur de disciplines émergentes comme la philosophie pour enfants, les études queer, les perspectives décoloniales, la théorie animée du cinéma d’animation. Enfin, des milieux de pratique et militants embrassent des postures féministes aux fins de mobilisation organisationnelle, comme c’est le cas dans le domaine de la musique au Québec. Ces enjeux seront donc au cœur du colloque « Focus sur de nouvelles avenues en recherche féministe ».
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