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Claude Napoléone : INRAE
Avec l’évolution des référentiels de politiques publiques et des cadres d’action opérationnels en faveur de la transition écologique des systèmes alimentaires, la commande publique (CP) joue un rôle important dans la capacité des villes à relocaliser la production ou à stimuler la restructuration des filières. Il s’agit souvent de renforcer les alliances entre les différents acteurs pour influer sur la nature ou la localisation des agricultures approvisionnant les villes. Toutefois, si la CP peut théoriquement permettre de valoriser des aliments locaux et de qualité, aucune règle actionnable par les décideurs publics n'encadre les comportements des producteurs ou leurs choix techniques. Or, il existe différentes voies techniques ou économiques pour répondre à la demande de biens alimentaires : la gamme des exploitations susceptibles d’être concernées peut aller de fermes familiales et biologiques nombreuses et de tailles modestes, à un seul établissement agricole de grande taille et à vocation industrielle. Dans ce contexte, il s’agit de mettre en évidence différentes voies possibles pour répondre aux besoins collectifs, d'évaluer les effets ou les seuils d'utilisation des terres, et de les confronter à la volonté sociale locale exprimée à travers les politiques publiques. L’originalité de notre approche vise, à partir de données quantitatives et de terrains, à analyser les conditions selon lesquelles la CP peut être un instigateur de l'écologisation de l'agriculture locale.
Cette proposition de colloque est portée par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), qui rassemble les chercheurs des universités québécoises intéressés par le développement territorial et plus particulièrement par les dynamiques de développement-régression qui touchent les régions non métropolitaines. Ces territoires sont soumis à des tensions qui se renouvellent continuellement. Longtemps analysées en termes économiques autour de la relation de dépendance qui lie ces territoires aux aires métropolitaines et aux capitaux extérieurs, les dynamiques de ces territoires sont aujourd’hui regardées en s’intéressant à la diversité des conditions sociales et environnementales qui les caractérisent.
La période récente apporte son lot de questions qui, si elles ne sont pas toujours nouvelles, interrogent les modalités d’une transition de nos économies et de nos sociétés vers des modèles de développement qui sachent corriger les problèmes écologiques et sociaux engendrés par des systèmes de production qualifiés parfois de « productivistes » ou « extractivistes » et bâtir de nouvelles perspectives. La récente crise sanitaire a apporté son lot de questions autour de l’organisation du travail, de l’occupation du territoire, des approvisionnements de proximité, de la numérisation. Les territoires non métropolitains ont été confrontés à des questions criantes relatives au logement, aux transports, à l’accès aux réseaux haut débit, à des mobilités inédites (temporaires ou non), voire à l’approvisionnement en denrées de base. Le secteur des services s’en est trouvé bouleversé, avec une division du travail entre celles et ceux pouvant effectuer leur travail à distance et d’autres contraints d’effectuer leurs tâches en « présentiel », sans parler des nombreux métiers qui n’ont eu d’autre choix que de se réinventer.
C’est à une réflexion autour de ces transformations qu’invite le CRDT pour ce colloque dans le cadre du congrès 2022 de l’Acfas.
Titre du colloque :