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La compensation en lecture chez des élèves qui ont un déficit sévère d’identification des mots écrits : impact pour l’évaluation de la lecture

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Mélanie Bédard : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

La compensation en lecture permet à certains élèves en difficulté de bien comprendre un texte lu de manière autonome, et ce, malgré un déficit sévère sur le plan des processus spécifiques d’identification des mots (p. ex. dyslexie-dysorthographie). Ces lecteurs, appelés ici les « lecteurs compensateurs », ont rarement fait l’objet d’études scientifiques. La présente communication vise donc dans un premier temps à discuter des enjeux soulevés par ce type de lecteur pour l’évaluation de la lecture. En effet, ces difficultés de lecture passent souvent inaperçues, dans la mesure où ces élèves ne se démarquent pas de leurs pairs en compréhension écrite; la vigilance est donc de mise pour faire ressortir ces difficultés. D’autre part, cette communication vise à décrire la manière dont ont été repérés les lecteurs compensateurs dans un échantillon de 165 élèves de la 5e année du primaire, notamment en discutant des outils sélectionnés pour ce faire. Pour terminer, un bref portrait des lecteurs compensateurs de l'échantillon sera présenté.

Résumé du colloque

L’apprentissage de la lecture et de l’écriture est une activité complexe. Un des facteurs expliquant la difficulté pour plusieurs à accomplir cette tâche concerne l’opacité de l’écriture alphabétique. En effet, l’orthographe française représente la langue orale sur le plan de la phonologie, mais la relation graphèmes-phonèmes est multivoque. De plus, pour transcrire tous les phonèmes, une combinaison des lettres de l’alphabet est nécessaire (Sprenger-Charolles et Colé, 2013). Conséquemment, pour lire et écrire, l’apprenant doit développer également des connaissances orthographiques et morphographiques. Pour certains élèves présentant des difficultés d’apprentissage en lecture et en écriture, les traitements associés à l’identification et à la production de mots écrits sont déficitaires. Ces apprenants, qui présentent une dyslexie-dysorthographie, compte tenu de l’âge chronologique, des capacités cognitives et de l’enseignement reçu, démontrent un retard en ce qui concerne la transformation de l’information phonologique (oral) en code orthographique (écrit), ce qui entraîne des difficultés à lire et à écrire des textes variés (Connely et al., 2012; Sprenger-Charolles et Colé, 2013; Tunmer et Greaney, 2010).

Puisque le développement des compétences en littératie revêt un caractère déterminant pour la réussite scolaire et l’intégration sociale (Janosz et al., 2013; Soares-Boucaud, Cheynel-Alberola et Georgieff, 2007), il est nécessaire de reconnaître les causes et les conséquences de la dyslexie-dysorthographie afin de soutenir adéquatement l’apprenant. Donc, il importe de se questionner sur les avancements des connaissances scientifiques au regard de l’évaluation et de l’intervention auprès de l’élève dyslexique-dysorthographique francophone afin de lui permettre d’actualiser son potentiel.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 11 mai 2022

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