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Thomas Plouffe : Université Laval
Au Québec, les enseignants se tournent de plus en plus vers des pratiques scolarisantes empruntant les voies de l’enseignement explicite (Marinova et Drainville, 2019), cela pourtant en dissonance avec la vision développementale préconisée dans les programmes éducatifs (MEQ, 2021). Trois enjeux principaux peuvent expliquer cette réalité : (1) la conciliation complexe avec des demandes évaluatives qui orientent le regard pédagogique davantage sur les contenus des programmes que sur les besoins des enfants (Bassok et al., 2016), (2) l’insuffisance de la formation initiale et continue des enseignantes qui encourage notamment le développement d’une vision dichotomique opposant jeu et apprentissages (Fesseha et Pyle, 2016) et (3) les pressions sociales, en provenance de la hiérarchie scolaire, de collègues ou de parents, qui favorisent l’uniformisation des pratiques enseignantes (Marinova et Drainville, 2019). Or, en réponse simultanée à ces enjeux précis, de plus en plus de chercheurs (Alaçam et Olgan, 2021; Aras et Tantekin, 2019) s’intéressent au potentiel d’une pratique pédagogique d’observation de l’enfant en contexte naturel : la documentation pédagogique.
Cette communication présentera une revue de la littérature permettant une analyse critique de la documentation pédagogique à travers ses différentes déclinaisons à l’international à la manière d’une pratique engageante propulsant l’émergence de la littératie chez les jeunes enfants.
Quels sont les liens entre démarches pédagogiques engageantes et établissement d’un contexte favorable aux apprentissages en littératie?
La réflexion sous-jacente à cette problématique s’enracine dans une série de constats qui portent sur le faible degré de maîtrise de la compétence écrite en fin de scolarité et, au-delà de l’école, dans tous les pays francophones de l’OCDE (PISA, 2018).
Pourtant, les travaux privilégiant des approches pédagogiques efficaces en littératie sont nombreux (voir notamment les travaux en francophonie de l’AIRDF depuis les années 1980), mais ont du mal à pénétrer les pratiques pédagogiques. Ainsi, ces constats avérés qui se répercutent sur le terrain aux différents niveaux de la scolarité et au-delà confortent l’idée de la nécessité d’une refondation de l’enseignement-apprentissage du lire-écrire (Bucheton, 2014).
Dans le cadre du colloque, nous proposons d’aborder cette thématique en prenant le contrepoint des discours de déploration sur « la baisse de niveau », et en mettant l’accent sur les pratiques pédagogiques qui favorisent le développement d’une « posture littéracique » (Rispail, 2020).
Plus précisément, il s’agira ici d’explorer la face cachée de la didactique de l’écrit, en donnant la parole aux acteurs de terrain, par le biais de recherches collaboratives, et en présentant des pratiques pédagogiques engageantes ayant fait l’objet de travaux de recherche restés souvent confidentiels.
L’engagement en littératie sera abordé dans toutes ces dimensions (verbale, psychologique, affective, corporelle, comportementale) (Fredricks et al., 2004), du côté de l’apprenant comme de l’enseignant-formateur. Il s’agira moins de « prouver » ou de mesurer les effets de l’engagement que d’illustrer ou de qualifier les retombées bénéfiques de ces pratiques sur l’établissement d’un contexte favorable aux apprentissages dans le domaine du lire-écrire.
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