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Christine Marsal : Université de Montpellier
En septembre 2020, plusieurs actionnaires de Boeing décident d’attaquer en justice le conseil d’administration (CA) de l’avionneur. Leurs griefs portent sur le laxisme dont le conseil d’administration aurait fait preuve dans la conduite du projet 737 MAX.
Fin 2021, un accord est trouvé et les administrateurs sont condamnés à rembourser à l’avionneur la somme de 237,5 millions de dollars. Dans la foulée, un expert en sécurité est nommé auprès du conseil d’administration, l’avionneur s’engageant à s’assurer qu’au moins trois membres du CA disposent aussi d’une telle expertise. Ce faisant, les dirigeants de l’entreprise utilisent un mécanisme de gouvernance connu : la gouvernance cognitive. Dans ce contexte, les administrateurs sont recrutés pour leurs connaissances, leur expérience et sont garants des bonnes décisions prises par l’entreprise dans leur domaine de compétence. Comment fonctionne concrètement ce type de mécanisme ? Les deux catastrophes aériennes auraient-elles pu être évitées ? Notre proposition de communication consiste, à partir du projet 737 Max, à revoir les opportunités, mais aussi les limites de la gouvernance cognitive dans un secteur de technologies innovantes et de très forte intensité concurrentielle. Nos premiers résultats indiquent que les administrateurs de l’avionneur n’ont jamais manqué de compétences, que la culture interne s’est heurtée aux exigences de rentabilité financière et que les dirigeants ont pris des risques qu’ils pensaient maîtriser.
Récemment, une attention accrue de la recherche a été orientée vers la gestion des risques, guidée par une complexité croissante du monde des affaires et un objectif de promouvoir la transparence et améliorer la qualité de la divulgation. D’une attitude défensive face au risque considéré comme situation à réduire ou à éviter, les entreprises en sont venues de plus en plus à reconnaître le côté opportuniste et le potentiel de création de valeur du risque. Comme exemple, la fonction de surveillance des risques des conseils d’administration, en tant que mécanisme central de la gouvernance d’entreprise, n’a jamais été aussi critique et difficile qu’elle ne l’est aujourd’hui. Les risques que les entreprises rencontrent deviennent de plus en plus complexes, interconnectés et éventuellement plus dévastateurs que jamais. L’économie mondiale a augmenté à la fois l’interdépendance des organisations et l’interdépendance des risques qui dépassent souvent les limites et les frontières (PricewaterhouseCoopers, 2009).
Les instances de gouvernance des diverses organisations réévaluent leurs stratégies pour répondre à ces défis. La gestion des risques est apparue comme un facteur clé de succès et une priorité pour les entreprises. Le système de gouvernance d’entreprise et en particulier le conseil d’administration jouent un rôle central dans la réduction de l’asymétrie d’information, la planification des stratégies, la gestion des risques et de facto l’augmentation de la valeur de l’entreprise.
Dans ce contexte, l’objectif de ce colloque est de lier ces deux domaines de recherche en passant en revue la littérature sur la gouvernance et la gestion des risques ainsi que l’interrelation entre les deux. Le but est de connaître l’état de l’art dans ce domaine, d’exposer les fondements et les modèles théoriques et empiriques qui soutiennent l’interaction entre la gouvernance et la gestion des risques, de proposer ainsi de nouvelles pistes de réflexion et de recherche empirique.
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