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Martin Maltais : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Le contexte lié à la COVID-19 et la nécessité pour une majorité d’établissements d’enseignement de passer à une pratique d’enseignement à distance montrent l’importance de mieux comprendre les pratiques concernant le soutien sur le plan motivationnel des étudiants à distance et de mieux intervenir à ce sujet. Une réalité qui se pose également dans les pays en voie de développement où, depuis une vingtaine d’années, des efforts toujours plus importants sont consentis pour offrir des formations aux personnes qui y vivent et qui ont des contraintes de déplacements ou des difficultés à accéder à des espaces de formation et à du personnel en présence.
Cette communication considère les pratiques d’encadrement d’étudiants à distance d’un établissement universitaire comme étant une politique institutionnelle (Maltais, 2012), au sens de ligne d’action (Lemieux, 2002) en la reconstituant sommairement et de façon exploratoire. Ainsi, notre regard se porte sur le cas d’un établissement universitaire haïtien, l’Institut universitaire de formation des cadres, dont le siège social est basé à Port-au-Prince. Cet établissement entretient des liens avec l’Université d’État d’Haïti. Il est également membre de l’Agence universitaire de la francophonie. Il mène des activités de recherche, offre des programmes de 1er et 2e cycle universitaire et est bimodal, c’est-à-dire que cohabitent en son sein des pratiques de formation à distance et de formation en présence dans un même établissement.
Les avancées technologiques des dernières décennies ont amené avec elles une évolution rapide des moyens de mettre en pratique des programmes et des activités pédagogiques à distance (OCDE, 2021). Or, il est indispensable de se dissocier de l’idée que l’accessibilité technologique est la même dans l’ensemble des pays souhaitant mettre en place des pratiques innovantes en contexte de formation à distance (FAD). En effet, alors qu’en Occident l’accessibilité aux technologies de pointe transcende les classes sociales, de nombreux pays émergents sont quant à eux grandement limités à cet égard (ONU Info, 2020). En parallèle de cette logique, la crise de la COVID-19 a provoqué la fermeture de nombreux établissements scolaires et n’a fait que mettre en évidence les problèmes préexistants sur les plans technologiques et pédagogiques auxquels les établissements d’enseignement supérieur de ces États ont eu à faire face (Pierre, 2020). En ce sens, il est possible d’observer un grand clivage dans la mise en place des pratiques émergentes en formation à distance entre les pays occidentaux et les pays émergents. Cette situation ne veut pas dire que des innovations sont impossibles dans ces pays bien souvent limités par des infrastructures technologiques plus restreintes.
Puisque certaines limites sont imposées par des enjeux d’infrastructures, il va de soi que des efforts gouvernementaux doivent être déployés et que les différents personnels de l’éducation, dont les enseignants, doivent s’attarder à faire progresser les pratiques et les connaissances en formation à distance. Ce colloque s’articule donc autour des grandes thématiques telles que : les tendances mondiales en FAD, la formation hybride, les plans de soutien à l’apprentissage en FAD, dont la motivation, et bien d’autres.