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Soufiane Nadane : Université Hassan II de Casablanca
Depuis l'indépendance, le Maroc a mis en place d'importantes réformes en matière de développement territorial afin de réduire les disparités territoriales et sociales en reposant sur la diversification de l’économie, la fourniture de services publics performants et l’investissement dans le développement humain. La plus significative est la réforme de la régionalisation avancée, mise en œuvre en 2015, avec l’objectif d’inscrire une dynamique territoriale fondée sur un rééquilibrage des compétences et des ressources entre l’Etat central et les collectivités locales et ce, pour favoriser le rapprochement des politiques publiques et des habitants. Cette réforme a été conçue comme nouveau modèle de développement économique et social qui érige la région comme un cadre pertinent de déploiement des politiques territoriales.
Dans cette optique, les régions sont des collectivités prééminentes notamment en matière de conception de stratégies de développement économique et d’aménagement du territoire.
Notre contribution visera à étudier comment la régionalisation avancée au Maroc permet d’assurer le développement des territoires. Pour ce faire, nous allons aborder les principaux apports de la régionalisation avancée en mettant la lumière sur les nouvelles prérogatives accordées aux collectivités territoriales, le rôle de l’agence régionale d’exécution des projets, ainsi que le plan d’action communal considéré comme le schéma directif de développement territorial adopté par les communes.
Cette proposition de colloque est portée par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), qui rassemble les chercheurs des universités québécoises intéressés par le développement territorial et plus particulièrement par les dynamiques de développement-régression qui touchent les régions non métropolitaines. Ces territoires sont soumis à des tensions qui se renouvellent continuellement. Longtemps analysées en termes économiques autour de la relation de dépendance qui lie ces territoires aux aires métropolitaines et aux capitaux extérieurs, les dynamiques de ces territoires sont aujourd’hui regardées en s’intéressant à la diversité des conditions sociales et environnementales qui les caractérisent.
La période récente apporte son lot de questions qui, si elles ne sont pas toujours nouvelles, interrogent les modalités d’une transition de nos économies et de nos sociétés vers des modèles de développement qui sachent corriger les problèmes écologiques et sociaux engendrés par des systèmes de production qualifiés parfois de « productivistes » ou « extractivistes » et bâtir de nouvelles perspectives. La récente crise sanitaire a apporté son lot de questions autour de l’organisation du travail, de l’occupation du territoire, des approvisionnements de proximité, de la numérisation. Les territoires non métropolitains ont été confrontés à des questions criantes relatives au logement, aux transports, à l’accès aux réseaux haut débit, à des mobilités inédites (temporaires ou non), voire à l’approvisionnement en denrées de base. Le secteur des services s’en est trouvé bouleversé, avec une division du travail entre celles et ceux pouvant effectuer leur travail à distance et d’autres contraints d’effectuer leurs tâches en « présentiel », sans parler des nombreux métiers qui n’ont eu d’autre choix que de se réinventer.
C’est à une réflexion autour de ces transformations qu’invite le CRDT pour ce colloque dans le cadre du congrès 2022 de l’Acfas.
Titre du colloque :