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Christelle Pelbois : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Pour Rémi Quirion (2020), l’université québécoise du 21e siècle doit s’inscrire dans le cadre de collaborations tous azimuts pour faire face aux défis auxquels nos sociétés sont confrontées. C’est dans ce contexte qu’apparaissent les appels récurrents à la multidisciplinarité, à la pluridisciplinarité, à la codisciplinarité, à l’interdisciplinarité, à la transdisciplinarité (TD) ou, plus simplement, au décloisonnement des disciplines. Mais ces notions ne connaissent qu’une difficile percée ou réalisation effective (Leseman, 1997; CREPUQ, 2000 ; Gélineau, 2002). Les motifs de ce relatif et durable insuccès semblent cependant peu étudiés et ce, dans un contexte de confusion, et même de dispute terminologique (Klein, 2011; Mathurin, 2002).
Dans notre démarche empirique (quinze entretiens et analyse d’écrits scientifiques), au-delà des conflits rencontrés et des stratégies employées pour les résoudre, nos résultats révèlent que le décloisonnement des disciplines propose aussi des chemins d’opportunités qui ne se donnent pas mais qu’il faudrait savoir emprunter et saisir : non seulement le développement d’une capacité à se positionner dans des rôles de médiateurs entre les disciplines et avec des partenaires non académiques ; mais aussi l’enrichissement continu de ses propres perspectives, cadres théoriques et approches méthodologiques et l’élargissement de son réseau académique et professionnel.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des pays sont entrés dans ce que certains appellent la « société du savoir » (Bernatchez, 2014; UNESCO, 2005). L’enseignement supérieur (ES) est un pilier des sociétés du savoir, en ce sens qu’il est dépositaire des connaissances accumulées par l’humanité et assure une formation (tout au long de la vie) permettant aux citoyens de fonctionner dans leur société tout en produisant de nouvelles connaissances sur des enjeux complexes (comme la génétique, l’insécurité alimentaire, l’intelligence artificielle, la robotique avancée). L’ES contribue également à la réputation des États où les découvertes ont été produites (Hazelkorn, 2013; Marginson, 2016; UNESCO, 2005).
Au cœur de la société du savoir, l’ES représente des investissements mondiaux de 1 900 milliards de dollars (Kim, 2017); au Canada, les revenus totaux des établissements d’ES dépassent les 38,7 milliards (Statistique Canada, 2020). Ces investissements servent à soutenir les missions de l’ES, qui contribuent directement à la société du savoir par ses activités : enseignement et apprentissage; recherche et innovation; service aux collectivités (Kerr, 1963). Or, malgré la multiplication des rapports et des avis du Conseil supérieur de l’éducation, des rapports et des analyses faits pour le gouvernement (Bissonnette et Porter, 2013; Corbo, 2013, 2017) et des recommandations découlant du chantier sur l’université du futur (Quirion, Bergeron, Corbo et al., 2021), notre connaissance des conditions dans lesquelles s’accomplissent ces missions demeure limitée.
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