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Angela Ferraro : Université Laval
Julien Offray de La Mettrie (1709-1751) est l’un des philosophes du XVIIIe siècle qui a le plus dialogué avec les modèles philosophiques du passé, souvent en adoptant une attitude opportuniste envers eux : si dans son l’Histoire naturelle de l’âme (1745), il reprend le modèle psychologique aristotélicien contre le dualisme cartésien, dans l’Homme machine(1748) il conteste la conception du rapport esprit-corps propre à Descartes plutôt en appliquant à l’être humain le paradigme, tout aussi cartésien, de l’animal-machine. Dans d’autre textes, comme l’Anti-Sénèque ou le souverain bien (1750), il reprend le modèle épicurien et lucrétien dans une optique anti-stoïcienne. C’est justement ce dernier texte, connu aussi sous le titre de Discours sur le bonheur, qui va retenir notre attention dans le cadre de cette communication. Nous nous proposons tout d’abord de mettre au jours la relation que La Mettrie y entretient avec les philosophes de l’antiquité et la manière dont il mobilise leurs arguments dans les buts qui sont les siens. Il s’agira ensuite de s’interroger sur la définition que le philosophe donne du bonheur à travers l’analyse des causes de celui-ci. La mise en valeur de l’illusion dans le cadre du rapport qu’il établit entre sentiment-raison retiendra enfin notre attention afin de dégager l’originalité de la perspective adoptée par l’auteur de l’Anti-Sénèque.
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
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