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Cassandre Gratton : Université Concordia
Le terme « parti anti-immigration » est largement utilisé dans la recherche et les discours populaires. Si ce terme désignait, dans ces débuts, un groupe de parti d’extrême-droite assez restreint en Europe, il est aujourd’hui utilisé de façon beaucoup plus large. La Coalition Avenir Québec (CAQ, en est un bon exemple. Élue à la tête du Québec en octobre 2018, elle a rapidement été décrite par plusieurs observateurs comme un parti « anti-immigration ». Or, le parti rejette lui-même toute association avec des partis traditionnellement reconnus comme « anti-immigration », notamment le Front National en France. Cette désignation révèle une certaine confusion sémantique entourant le terme.
Quelle utilité a l’étiquette de « parti anti-immigration » comme outil analytique? Afin de mesurer l’utilité et les limites de l’étiquette « parti anti-immigration », ce projet procède en trois étapes. D’abord, une définition provisoire d’un « parti-anti-immigration » est développée et opérationnalisée. Ensuite, elle est appliquée aux deux principaux partis ayant occupés la scène politique québécoise dans les 10 dernières années, soit le PLQ et la CAQ. Le but est d’observer si des comparaisons sont possibles entre ses partis présentés comme complètement opposés. Finalement, une discussion théorique basée sur les résultats obtenus est présentée sur les limites à l’utilisation d’une mesure binaire pour caractériser l’idéologie d’un parti sur un sujet comme l’immigration.
La politique de l’immigration correspond à l’ensemble des luttes, des délibérations et des processus politiques associés au thème de l’immigration. À l’échelle mondiale, depuis le début des années 2000, les questions liées à l’immigration sont de plus en plus politisées. Ces questions incluent, entre autres, l’accueil des réfugiés, le contrôle des frontières, les mécanismes de sélection des immigrants, les seuils annuels d’immigration ainsi que l’accueil et l’intégration des immigrants. Ce colloque scientifique traite de la politique contemporaine de l’immigration au Québec, la province canadienne qui dispose des plus grands pouvoirs en matière de sélection des immigrants. Les analyses sur la politisation de l’immigration ont surtout porté sur des cas européens, mais le Québec est aussi le théâtre de débats de plus en plus visibles en matière de question migratoire. Comment se profile cette politique de l’immigration contemporaine au Québec? Qui y participe, et où a-t-elle lieu? Quels sont les grands principes qui permettent de mieux la comprendre? Afin de répondre à ces questions, ce colloque fera dialoguer des analyses empiriques sur les façons dont les citoyens, les mouvements sociaux, les partis politiques, les médias, les fonctionnaires et les élus contribuent à la politique de l’immigration au Québec. Ce faisant, il permettra de tracer les principaux enjeux liés à la politique de l’immigration dans la province au cours des 20 dernières années. Ultimement, ce colloque permettra d’évaluer si les modèles dominants sur la politique de l’immigration – issus de disciplines comme la science politique, la sociologie ou la géographie – sont porteurs pour comprendre les dynamiques propres au Québec.
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