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William Rioux : Université Laval
Les penseurs du Portique utilisent plusieurs expressions pour parler du souverain bien de l’être humain. Certains affirment que la vie heureuse est une vie conforme à la vertu, une vie conforme à la nature, ou encore une vie conforme à la raison. Bien qu’il y ait plusieurs manières de le dire, toutes ces expressions réfèrent à une seule signification : le bien suprême de l’être humain est la vertu. Une fois le souverain bien identifié, toute la difficulté est d’y parvenir. Si vivre conformément à la vertu n’est pas impossible, le chemin pour s’y rendre demande beaucoup d’exercice et une certaine éducation. Dans ma présentation, je m’interrogerai sur les mécanismes employés par le philosophe Sénèque pour éduquer son lectorat à la vertu. Il est déjà attesté que les Lettres à Lucilius sont soutenues par un projet parénétique et psychagogique dans lesquelles Sénèque accompagne Lucilius. J’aimerais me tourner vers les tragédies de Sénèque, plus précisément vers la pièce Hercule sur l’Oeta, pour montrer que la sublimation a une fonction parénétique. Il apparaît que la tragédie de Sénèque est un autre moyen de présenter ses idées et doit être rapprochée de son œuvre philosophique. Pour ce faire, je présenterai une analyse de la pièce tout en m’appuyant sur certains passages de ses autres écrits.
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
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