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Evelyne Thiffault : Université Laval
Le GIEC reconnait que la foresterie constitue une voie privilégiée d’atténuation des changements climatiques parce qu’elle s’inscrit dans une politique plus large d’aménagement du territoire. Le portrait des émissions de GES au Québec identifie les transports, l’industrie et les bâtiments comme étant les trois principaux secteurs d’activité émetteurs. Un exercice de simulation suggère qu’un portefeuille ambitieux d’actions mobilisant le secteur forestier québécois pourrait s’attaquer de manière intégrée à ces sources d’émissions et permettre des atténuations annuelles de 0.5 à 6.7 Mt éq. CO2 /année dès 2030. La clé de ces actions réside dans une transition industrielle accélérée du secteur forestier vers un haut rendement en produits du bois de longue durée, et une substitution ciblée des matériaux et énergies à fortes émissions de GES. Des mesures soutenant l’utilisation domestique des produits du bois pour la construction et de la bioénergie pour le chauffage, les procédés industriels et le transport pourront avoir un impact tangible sur l’inventaire québécois de GES. Cependant, les changements climatiques auront vraisemblablement un impact important sur les paysages forestiers québécois, par exemple par l’augmentation des espèces feuillues au détriment des espèces résineuses. Des mesures d’adaptation des pratiques d’aménagement forestier et de la capacité industrielle devront être envisagées pour assurer la résilience du secteur forestier sous un climat changeant.
Au cours des dernières décennies, l’industrie du bois s’est grandement transformée et diversifiée. De nouvelles voies de valorisation des rejets et sous-produits de cette industrie sont présentement en développement et permettront de diversifier et surtout d’optimiser l’utilisation du bois. À titre d’exemple, de nombreux travaux prometteurs portant sur la bioénergie forestière, l’utilisation des fibres de cellulose et de la cellulose nanocristalline ont été réalisés. Dans un même ordre d’idées, de nouveaux produits de protection, finition, collage ou de modification du bois à plus faible impact environnemental et à performance accrue ont aussi été développés ou sont présentement en développement. Afin de poursuivre sur cette lancée et d'assurer une utilisation optimale du bois et de ses sous-produits, la mise en place de collaborations interdisciplinaires entre les différents acteurs en recherche (universités, centres collégiaux de transfert de technologie, centres de recherche, etc.) et avec le milieu de pratique est primordiale. Ce colloque permettra de faire le point sur les dernières avancées dans le domaine des biomatériaux, matériaux avancés et sur la bioénergie dans l’industrie du bois, mais aussi de créer des liens entre les divers acteurs œuvrant de près ou de loin en recherche sur le matériau bois, mais aussi dans le milieu privé. Ce colloque permettra de faire croître les domaines de recherche engagés dans la valorisation des produits du bois.
Titre du colloque :