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Frédéric Venne : Nature Québec
La conservation des valeurs bioculturelles de l’île d’Anticosti en contexte de protection d’un site du patrimoine mondial de l’UNESCO pose de nombreux défis. Afin de répondre à la volonté locale de protéger l’entièreté du territoire et d’axer l’avenir de l’île sur un développement durable, le gouvernement du Québec a mis en place un réseau d’aires protégées multi-statuts afin de répondre à différents objectifs de gestion.
La protection de près d’un tiers de l’île est assurée par des statuts d’aires protégées associés au paradigme « classique » de la protection stricte, une tradition de conservation qui a cours depuis 40 ans au Québec. Afin d’assurer la protection du reste du territoire de l’île, le gouvernement du Québec souhaite étudier par un projet pilote d’aire protégée d’utilisation durable (APUD), une nouvelle formule de conservation associée au paradigme « polyvalent » des aires protégées.
La conservation du système socio-écologique des pourvoiries de l’île d’Anticosti implique une gestion active de la biodiversité par une foresterie de restauration écologique de la sapinière à bouleau blanc. Bien que cette formule de conservation ne soit pas exportable de toute pièce, l’APUD fournit l’opportunité de développer de nouvelles formes de conservation adaptées à certaines dynamiques socio-écologique particulières. Enfin, le statut d’APUD fournit l’opportunité de moderniser le réseau des aires protégées du Québec en vue d’établir les traditions de conservation du futur.
Le 8 juin 2021, le gouvernement du Québec et la Nation huronne-wendat annonçaient la création du projet pilote d’aire protégée d’utilisation durable des ressources, nommé Ya’nienhonhndeh, au nord de Portneuf. Pour la Nation, ce fut le résultat d’une décennie de travail collaboratif sur divers aspects politiques, administratifs et scientifiques. En effet, pour obtenir un statut de conservation permanent et assurer la pérennité des richesses patrimoniales et écologiques uniques du territoire de 800 km2 visé par son projet, la Nation a amorcé des dialogues avec différents ministères et de nombreux intervenants. En 2018, un moratoire sur les coupes forestières a été mis en place sur le territoire à la suite de sorties de la presse écrite et radiophonique dénonçant l’urgence de le protéger. Ensuite, les discussions avec les différents usagers du territoire ont permis à la Nation de proposer un projet rassembleur dans la région. Grâce à son alliance avec les intervenants régionaux, la Nation a vu ses efforts être récompensés par l’annonce du mois de juin. En parallèle, la Nation a lancé des projets de recherche avec de nombreux partenaires issus de domaines scientifiques variés. Ensemble, ils se sont donné comme mission de documenter l’unicité du territoire tant sur le plan archéologique et anthropologique que sur le plan écologique. L’objectif de ce colloque sera de partager les résultats des dizaines de projets de recherche qui ont eu lieu sur le territoire. L’activité aura trois volets complémentaires : 1) un retour sur les résultats des différentes études scientifiques réalisées sur le territoire et qui ont nourri le projet d’aire protégée; 2) des communications offrant des illustrations et des réflexions sur les démarches collaboratives et multidisciplinaires de la Nation huronne-wendat; et 3) des présentations et des discussions autour de l’utilisation passée et actuelle du territoire, et de son futur.
Titre du colloque :