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Pauline Sirois : Université Laval
Devant l’insécurité de nombres d’élèves du primaire concernant la production de textes (Colognesi & Lucchini, 2016), une approche développementale engageante, l’écriture créative partagée, a été développée et expérimentée, et ce, dans le cadre de travaux de recherche-action réalisés dans des écoles régulières ou spécialisées du Québec (Sirois & al., 2012; Sirois, & Gravel, 2021). Cette approche donne une place centrale à la production de récits de fiction et rejoint ainsi la créativité, l’imaginaire et les intérêts des enfants (Sorin, 2005). L’analyse de données concernant le rapport à l’écriture recueillies à différents temps auprès d’élèves (n=34) ayant bénéficié de l’approche pendant trois années scolaires a révélé le haut niveau de motivation et le grand sentiment de compétence que ces élèves ont pu développer (Sirois & al., 2021). Nous proposons ici de donner la parole à ceux-ci, en analysant leurs propos autour de conseils qu’ils étaient invités à donner à leurs pairs plus jeunes pour qu’ils développent le plaisir d’écrire. Les analyses montrent l’importance pour les élèves, considérés en difficulté ou non, de pouvoir laisser libre cours à leur imagination, de choisir ce qu’ils veulent écrire, de s’inspirer de leurs lectures et de mettre ainsi à profit leur univers culturel et littéraire. Ces conseils, adressés à des élèves par des élèves, semblent des pistes prometteuses offertes aux enseignant.e.s pour favoriser l’engagement en écriture au primaire.
Quels sont les liens entre démarches pédagogiques engageantes et établissement d’un contexte favorable aux apprentissages en littératie?
La réflexion sous-jacente à cette problématique s’enracine dans une série de constats qui portent sur le faible degré de maîtrise de la compétence écrite en fin de scolarité et, au-delà de l’école, dans tous les pays francophones de l’OCDE (PISA, 2018).
Pourtant, les travaux privilégiant des approches pédagogiques efficaces en littératie sont nombreux (voir notamment les travaux en francophonie de l’AIRDF depuis les années 1980), mais ont du mal à pénétrer les pratiques pédagogiques. Ainsi, ces constats avérés qui se répercutent sur le terrain aux différents niveaux de la scolarité et au-delà confortent l’idée de la nécessité d’une refondation de l’enseignement-apprentissage du lire-écrire (Bucheton, 2014).
Dans le cadre du colloque, nous proposons d’aborder cette thématique en prenant le contrepoint des discours de déploration sur « la baisse de niveau », et en mettant l’accent sur les pratiques pédagogiques qui favorisent le développement d’une « posture littéracique » (Rispail, 2020).
Plus précisément, il s’agira ici d’explorer la face cachée de la didactique de l’écrit, en donnant la parole aux acteurs de terrain, par le biais de recherches collaboratives, et en présentant des pratiques pédagogiques engageantes ayant fait l’objet de travaux de recherche restés souvent confidentiels.
L’engagement en littératie sera abordé dans toutes ces dimensions (verbale, psychologique, affective, corporelle, comportementale) (Fredricks et al., 2004), du côté de l’apprenant comme de l’enseignant-formateur. Il s’agira moins de « prouver » ou de mesurer les effets de l’engagement que d’illustrer ou de qualifier les retombées bénéfiques de ces pratiques sur l’établissement d’un contexte favorable aux apprentissages dans le domaine du lire-écrire.
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