Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Koloina Rahajaharilaza : Université d'Antananarivo et CIRAD
Les systèmes agricoles malgaches sont particulièrement vulnérables aux changements globaux. Une meilleure utilisation de la biodiversité est souvent mise en avant comme une solution pour améliorer la résilience de ces systèmes très contraints. Dans cette étude menée dans les hautes terres de Madagascar, nous avons testé si l’association de variétés de riz pluviaux japonica tropical ayant des traits fonctionnels racinaires contrastés permettait d’améliorer les rendements des cultures et leur résilience aux conditions du milieu. Nous avons cultivé dix variétés en culture pure et en mélanges binaires (45 mélanges) dans des conditions de culture traditionnelles (niveau d’intrant faible, semis en poquet). Pour chaque composante des mélanges, nous avons mesuré le rendement en grain et la biomasse végétative en fin de cycle ainsi que l’impact de la pyriculariose (Pyricularia oryzae). Nos résultats montrent un effet positif des mélanges sur le rendement en grain avec en moyenne 13 % de gain de rendement mais pas d’effet sur la biomasse végétative par rapport aux cultures pures. Il n’y a pas d’effet global des mélanges sur l’incidence de la maladie ; par contre, l’identité des composantes a un effet fort sur les performances de l’association. Nous avons mis en évidence que l’association variétale permet d’avoir une allocation de la biomasse préférentielle vers les grains et peut limiter la propagation des maladies ce qui est particulièrement intéressant dans le cas du riz.
La résilience est la capacité que possède un écosystème, agricole ou forestier par exemple, à revenir à un état d’équilibre et à reprendre ses fonctions après une perturbation (p. ex., sécheresse, infestation par un ravageur). Avec les changements climatiques, une augmentation du nombre et de l’ampleur des perturbations est à prévoir, d’où l’importance d’avoir des systèmes résilients. Les systèmes racinaires sont multifonctionnels : en plus de permettre aux végétaux de s’ancrer au sol, de se nourrir et de stocker des ressources, ils contribuent à structurer le sol, à l’enrichir en matière organique, à établir la communication entre le microbiome du sol et la plante au moyen des exsudats racinaires et à réguler le cycle de l’eau et des éléments nutritifs. L’ampleur du rôle des racines dans le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes est encore méconnue. L’identité et les valeurs des traits racinaires à favoriser ne font pas consensus, ni la façon de les améliorer, soit par l’entremise de la génétique ou de la gestion des cultures et des sols. Finalement, le domaine de l’agronomie pourrait bénéficier des recherches réalisées à cet égard dans des domaines connexes comme l’écologie et l’agroforesterie. Un meilleur dialogue entre chercheur-e-s de ces divers domaines et disciplines pourrait améliorer notre compréhension de l’effet des traits racinaires sur le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes, et des leviers dont on dispose pour rehausser cette résilience, dans l’optique de faire diminuer la vulnérabilité des agroécosystèmes face aux impacts des changements climatiques.
Titre du colloque :
Thème du colloque :