Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Martin Hutchison : UQAM - Université du Québec à Montréal
Nombreux sont les autrices et auteurs qui soulignent les obstacles (institutionnels, situationnels, informationnels ou organisationnels) rencontrés par les personnes candidates désirant faire valoir leur expérience professionnelle afin de se faire reconnaitre des diplômes ou des cours. Au cours des quinze dernières années au Québec, la formation générale adulte ainsi que la formation collégiale technique ont travailler à la mise en place de processus atténuants ces obstacles, afin de reconnaitre et valoriser les acquis expérientiels (RVAE) des personnes. Ce que ces deux ordres d’enseignement sont parvenus à faire au niveau de la RVAE n’a malheureusement pas su faire son chemin jusque dans les universités québécoises. Il existe certes des initiatives locales dans certains départements, ou encore certaines facultés universitaires, mais les reconnaissances d’acquis et de compétences sur la base expérientielle restent non seulement difficiles à obtenir pour les personnes candidates, mais aussi, à mettre en place pour les personnes mandataires institutionnelles chargées de ce dossier, et ces d’obstacles, rares sont les autrices et auteurs qui les abordent. Que l’on parle d'enjeux propres au personnel enseignant, de niveau syndical, d'idées reçues ou des règlements institutionnels en place, les obstacles à la mise en place d’une politique facultaire sur la RAC sont nombreux, et il convient de s’y attarder pour quiconque désire les surmonter.
L’accélération des processus migratoires, conjuguée à la mondialisation croissante du marché de l’emploi, a remis en évidence l’importance de la reconnaissance et de la validation des acquis de l’expérience (RVAE). Leur non-reconnaissance entraîne un coût sur les plans humain, social et économique (Bellemare, 2016). Or, les universités demeurent à ce jour en grande partie exclues de ce processus.
En effet, l’université décerne des diplômes qui lui sont propres et qui reflètent l’expertise disciplinaire de son corps professoral. Ainsi, l’université ne peut reconnaître complètement un diplôme, mais peut difficilement élaborer des méthodes normalisées (Comité interministériel sur la reconnaissance des compétences des personnes immigrantes, 2017). Les personnes responsables d’évaluer les demandes de RVAE en milieu universitaire n’en sont que très rarement des spécialistes. Par ailleurs, le savoir universitaire se déploie sur des bases théoriques et scientifiques, ce qui a fait dire à certains que l’expérience ne répond pas à ces exigences (Landry, 1986). Mais il a été démontré que l’expérience permet une profondeur de compréhension qu’on retrouve rarement dans la formation universitaire (Barrette et de Champlain, 2017; Pastré, 2011). Comment établir ce dialogue?
La RVAE universitaire fait l’objet d’un intérêt scientifique croissant (Bernal Gonzalez, 2020; Cherqui-Houot, 2001, 2008; Morin, 2015) et de développement soutenu (Glauser, 2018; Ouellet, 2006; Shaffer et al., 2010). Ce colloque propose donc un lieu d’échanges et de réflexion intersectoriels sur la RVAE universitaire. Nous accueillons les contributions scientifiques et professionnelles relatives à : 1) des résultats de la recherche sur la RVAE universitaire; 2) des dimensions théoriques de l’explicitation et de la reconnaissance universitaires des pratiques; 3) des pratiques et du développement de la RVAE au niveau universitaire; et 4) des rapports existant entre la RVAE universitaire et celle à d’autres ordres d’enseignement.