pen icon Colloque
quote

Les postures de terrain d’une anthropologue parmi les créateurs de start-up à Montréal

CT

Membre a labase

Camille Thomas : Université de Montréal

Résumé de la communication

Aussi contemporain que la création de start-up comme objet d’étude, “l’exotisme” de ma thèse doctorale réside dans la compréhension d’un style de vie et d’une vision du monde particulière et déstabilisante pour tout néophyte qui navigue dans un monde où il ne maîtrise aucun code. Comment navigue-t-on dans un milieu pourtant si proche (géographiquement) et si lointain (vision du monde) en même temps ? Quelle prise de position ou quel engagement vis-à-vis de ma recherche puis-je prendre pour un objet d’étude visible publiquement et si peu connu en sciences sociales ? Cette communication propose deux points de réflexion : 1) celui des différentes postures (innovante, néophyte et participante) que j’ai dû adopter en tant qu’anthropologue pour mener une ethnographie de dix-sept mois auprès des créateurs de start-up à Montréal et 2) de la posture que j’adopte pour diffuser les données auprès de la société civile. Les différentes postures choisies durant cette ethnographie s'insèrent dans les différents choix méthodologiques que j’ai dû poser pour préparer le terrain, m’y insérer et m’y adapter pendant la pandémie du Covid-19 . Quant à la restitution des données pour faire dialoguer sciences et sociétés, je partagerais, à partir des débats sur l’engagement et la distanciation du chercheur, mes réflexions sur ma définition et ma posture de l’(des)engagement à partir d’un objet d’étude particulier, celui des entrepreneurs créateurs de start-up.

Résumé du colloque

Autant en sociologie que dans les sciences sociales plus largement, la « descente de sa tour d’ivoire » est un objet de préoccupation récurrent chez les chercheurs.euses d’hier et d’aujourd’hui. Comme injonction, d’abord, on peut l’observer par le truchement des critères d’évaluations d’organismes de financement qui portent dans une proportion croissante sur les aptitudes de leurs candidat.e.s à « faire dialoguer science et société », ou encore à prendre part à des pratiques de « mobilisation sociale ». Comme aspiration intrinsèque des chercheur.euse.s, ensuite, plusieurs collectifs se réclament d’une recherche « émancipatrice », appréciable à l’aune de ses bénéfices potentiels pour des populations, populations qui ne sont souvent plus simplement « objets d’étude » mais parties prenantes de la conduction même de l’enquête. Ces considérations suscitent une question large mais fondamentale : quelle consistance peut-on reconnaître à la connaissance produite en sociologie par l’entremise de ces diverses configurations de contraintes et d’aspirations traversant la pratique de la recherche? Ce colloque propose trois dimensions de discussion distinctes pour aborder cette question.

La première dimension concerne les enjeux théoriques et épistémologiques. Celle-ci recouvre plusieurs enjeux distincts comme des critiques et des révisions de la notion de rupture épistémologique, des réflexions sur l’objectivité dans les sciences sociales ou les ontologies sociales. La deuxième aborde les enjeux méthodologiques tels que la construction des données ou encore les différentes postures sur le terrain. Cet enjeu englobe aussi les diverses réflexions autour des rapports entretenus avec les personnes enquêtées. Enfin, on traite des enjeux analytiques et restitutifs des résultats de la recherche. Ce dernier enjeu veut réfléchir aux différentes manières de mettre en forme les résultats et de les diffuser.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
Discutant-e- de la session : Camille Thomas Nancy Michaud
section icon Date : 11 mai 2022

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :