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Les rapports entre science, philosophie et politique. L’exemple de la bioéthique et le défi de l’interdisciplinarité

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Jocelyne St-Arnaud

Résumé de la communication

La science expérimentale est née grâce, entre autres, à des philosophes comme Francis Bacon pour qui l’observation de la nature et l’approche inductive étaient primordiales et René Descartes qui, en considérant le corps comme une machine, a levé le tabou sur la dissection humaine favorisant ainsi l’observation directe de l’anatomie humaine. Plusieurs siècles plus tard, le développement des sciences et des techniques fera croire à une maîtrise de la nature. Cependant, les avancées scientifiques et technologiques dans le domaine des sciences médicales au XXème siècle ont suscité de nombreux enjeux éthiques en imposant à l’humain des choix qu’il n’avait jamais eu à faire auparavant. Dans cette présentation, nous décrivons les origines de la bioéthique, issue des publications de théologiens et de philosophes portant sur les enjeux éthiques liés à l’utilisation des techniques de prolongation de la fin de vie et des Commissions nationales états-uniennes qui ont réuni des experts des disciplines concernées dans le but de formuler des balises pour encadrer la recherche et les pratiques en santé. Les difficultés de l’interdisciplinarité sont illustrées par les critiques adressées aux auteurs du principisme, Beauchamp et Childress, ainsi que les réponses qu’ils y apportent. L’analyse montre que les objections soulevées sont principalement de nature épistémologique.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.

Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.

Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».

Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
news icon Thème du colloque :
Science, philosophie, société
section icon Date : 11 mai 2022

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Titre du colloque :

Science, philosophie, société

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Thème du colloque :

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