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Romain Dureau : Université Laval
Les dynamiques de transition écologique et sociale des territoires réussies sont souvent le fruit d’une action collective mobilisant des acteurs de diverses natures : collectifs citoyens, collectivités locales, entreprises… Or, depuis les travaux d’Olson (1965), nous savons que, même si un intérêt commun apparaît comme évident, l’émergence d’une telle action collective n’est pas naturelle. Les développements en microéconomie standard ont apporté des éclairages sur ces dynamiques d’action collective, notamment par comparaison avec l’étude des structures oligopolistiques.
Nous proposons de dépasser ces approches en mobilisant des cadres d’analyse de l’économie institutionnelle qui permettent d’interroger les structures formelles et informelles de l’action collective. Nous construisons la théorie de « l’iceberg de l’action collective » : les structures formelles et concrètes de l’action collective doivent reposer sur des structures plus informelles (confiance, information, connaissances) dont l’importance est souvent sous-estimée. Croisant ce regard avec les travaux d’Elinor Ostrom, nous ébaucherons quelques pistes de réflexions issues de ce modèle pour repenser les dynamiques de transition territoriale.
Cette proposition de colloque est portée par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), qui rassemble les chercheurs des universités québécoises intéressés par le développement territorial et plus particulièrement par les dynamiques de développement-régression qui touchent les régions non métropolitaines. Ces territoires sont soumis à des tensions qui se renouvellent continuellement. Longtemps analysées en termes économiques autour de la relation de dépendance qui lie ces territoires aux aires métropolitaines et aux capitaux extérieurs, les dynamiques de ces territoires sont aujourd’hui regardées en s’intéressant à la diversité des conditions sociales et environnementales qui les caractérisent.
La période récente apporte son lot de questions qui, si elles ne sont pas toujours nouvelles, interrogent les modalités d’une transition de nos économies et de nos sociétés vers des modèles de développement qui sachent corriger les problèmes écologiques et sociaux engendrés par des systèmes de production qualifiés parfois de « productivistes » ou « extractivistes » et bâtir de nouvelles perspectives. La récente crise sanitaire a apporté son lot de questions autour de l’organisation du travail, de l’occupation du territoire, des approvisionnements de proximité, de la numérisation. Les territoires non métropolitains ont été confrontés à des questions criantes relatives au logement, aux transports, à l’accès aux réseaux haut débit, à des mobilités inédites (temporaires ou non), voire à l’approvisionnement en denrées de base. Le secteur des services s’en est trouvé bouleversé, avec une division du travail entre celles et ceux pouvant effectuer leur travail à distance et d’autres contraints d’effectuer leurs tâches en « présentiel », sans parler des nombreux métiers qui n’ont eu d’autre choix que de se réinventer.
C’est à une réflexion autour de ces transformations qu’invite le CRDT pour ce colloque dans le cadre du congrès 2022 de l’Acfas.
Titre du colloque :