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L’insécurité comme problème social, cognitif, et affectif pour le soi

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Valérie De Courville Nicol : Université Concordia

Résumé de la communication

Deux points de vue courants sur les perceptions à la source du sentiment d'insécurité, que je comprends comme une incapacité ressentie à surmonter les menaces sociales, cognitives, et affectives qui pèsent sur le soi, s'opposent dans la culture clinique, universitaire, et populaire contemporaine. D'une part, la perception d'insécurité est un problème mental individuel (comme une mauvaise estime de soi, un attachement insécurisant, ou un trouble anxieux). D'autre part, il s'agit d'un problème social collectif (tel que le manque d'accès aux ressources d'un groupe, l'exposition chronique aux risques, ou l'instabilité politique). Pour dépasser cette polarisation des cultures internes et externes et intégrer, de manière conceptuelle, les forces sociologiques, psychologiques, et biologiques à l’œuvre dans ce sentiment, je m'appuie sur l'approche sociologique phénoménologique de l'in/capacité incarnée (de Courville Nicol, 2022 ; 2011) et sur une multitude de perspectives complémentaires sur l'«émotionalité» et la vie sociale. Je propose de voir les sentiments d'insécurité comme des expériences émergentes qui échappent aux formes linéaires de représentation, comme des instances diverses qui intègrent de manière holistique le contexte, et comme des perceptions surdéterminées générées par des voies multiples. Pour conclure, je présente quelques-uns des concepts «interfaciaux» que j’utilise dans l’analyse émotionnelle-discursive des manifestations culturelles de l’insécurité.

Résumé du colloque

Ce colloque vise à penser les nouvelles méthodologies et les nouvelles écritures susceptibles de rendre compte de la dimension émotionnelle de la vie sociale. Nous proposons ici d’interroger les enjeux méthodologiques et épistémologiques que soulèvent la prise en compte et l’analyse des émotions en sciences sociales. Nous examinerons en particulier comment cette dimension du sensible se pose concrètement dans les recherches (depuis leurs conceptions problématiques et méthodologiques jusqu’à la diffusion des savoirs produits) et ce qu’elle induit sur nos manières de connaître.

Si la prise en considération de nos émotions dans les activités d’enquête est souvent appréhendée comme un enjeu de connaissance, elle semble aussi à l’origine d’un véritable renouvellement de nos méthodologies à travers des expérimentations, de nouvelles formes d’enquête et d’écriture, ouvertes et imaginatives (nouvelles narrations sociologiques, récits audiovisuels ou sonores, récits graphiques, performance, etc.). Nous tenterons ici d’objectiver cette emprise du sensible dans les recherches grâce à l’examen de ses mises en jeu et en forme, tout en interrogeant leurs effets sur le façonnement des sciences sociales.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 11 mai 2022

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