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Simon Couture : Université Laval
Cette étude s’intéresse à la tendance d’intégration du développement durable (DD) dans les politiques publiques en prenant pour objet d’analyse les politiques de développement des municipalités régionales de comté (MRC). Considérant l’apparition du concept de DD dans les schémas d’aménagement et de développement (SAD), la recherche vise à vérifier s’il existe une certaine adéquation entre les objectifs en matière de DD tracés dans le SAD et leur concrétisation en actions. L’approche empirique repose sur une lexicométrie permettant de faire ressortir 27 sous-concepts définissant le DD à l’échelle régionale. Leur récurrence est quantifiée à partir du SAD le plus récent pour chacune des MRC. Les actions reliées à chacun de ces sous-concepts sont comptabilisées à l’aide des dépenses déclarées dans la reddition de compte du Fonds de développement des territoires. Ces deux exercices permettent d’obtenir des indicateurs illustrant le degré d’intégration (dans les paroles) et d’application (dans les actions) de chaque pilier du DD (social, économique, environnemental). En croisant ces indicateurs, les résultats suggèrent qu’il n’existe aucune relation linéaire entre l’intégration du DD dans les politiques régionales et les actions qui en découlent. La recherche démontre la difficulté d’arrimage entre la volonté politique et les projets concrets en matière de DD et observe également une incohérence entre les exercices politique et financier de la planification territoriale des MRC.
Cette proposition de colloque est portée par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), qui rassemble les chercheurs des universités québécoises intéressés par le développement territorial et plus particulièrement par les dynamiques de développement-régression qui touchent les régions non métropolitaines. Ces territoires sont soumis à des tensions qui se renouvellent continuellement. Longtemps analysées en termes économiques autour de la relation de dépendance qui lie ces territoires aux aires métropolitaines et aux capitaux extérieurs, les dynamiques de ces territoires sont aujourd’hui regardées en s’intéressant à la diversité des conditions sociales et environnementales qui les caractérisent.
La période récente apporte son lot de questions qui, si elles ne sont pas toujours nouvelles, interrogent les modalités d’une transition de nos économies et de nos sociétés vers des modèles de développement qui sachent corriger les problèmes écologiques et sociaux engendrés par des systèmes de production qualifiés parfois de « productivistes » ou « extractivistes » et bâtir de nouvelles perspectives. La récente crise sanitaire a apporté son lot de questions autour de l’organisation du travail, de l’occupation du territoire, des approvisionnements de proximité, de la numérisation. Les territoires non métropolitains ont été confrontés à des questions criantes relatives au logement, aux transports, à l’accès aux réseaux haut débit, à des mobilités inédites (temporaires ou non), voire à l’approvisionnement en denrées de base. Le secteur des services s’en est trouvé bouleversé, avec une division du travail entre celles et ceux pouvant effectuer leur travail à distance et d’autres contraints d’effectuer leurs tâches en « présentiel », sans parler des nombreux métiers qui n’ont eu d’autre choix que de se réinventer.
C’est à une réflexion autour de ces transformations qu’invite le CRDT pour ce colloque dans le cadre du congrès 2022 de l’Acfas.
Titre du colloque :