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Olivier Lemieux : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Si l’histoire des commissions d’enquête au Québec en est une de promesses et de ratés, certaines d’entre elles font exception. À ce titre, la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la province de Québec, mieux connue sous le nom de « Commission Parent », représente sans aucun doute l’exemple le plus révélateur d’une commission à laquelle on rattache aujourd’hui des changements significatifs et fondamentaux.
Le chapitre proposé a comme objectif de saisir la place qu’occupe le Rapport Parent dans la trajectoire des universités québécoises. Ainsi, nous nous pencherons d’abord sur l’avant-Rapport Parent, ce qui nous permettra de faire ressortir l’état, les besoins et les demandes inhérentes aux transformations qui auront cours lors de la Révolution tranquille. Ensuite, nous analyserons les principales propositions du rapport à l’égard de l’université. Enfin, nous relèverons les changements opérés au sein du réseau universitaire à la suite de la publication du Rapport Parent. Nous porterons alors une attention particulière aux éléments prônés dans le rapport. Pour ce faire, nous nous appuyons principalement sur des études savantes consacrées au Rapport Parent et à l’histoire des universités québécoises, ainsi que sur quelques textes fondamentaux comme – évidemment – le Rapport Parent lui-même.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des pays sont entrés dans ce que certains appellent la « société du savoir » (Bernatchez, 2014; UNESCO, 2005). L’enseignement supérieur (ES) est un pilier des sociétés du savoir, en ce sens qu’il est dépositaire des connaissances accumulées par l’humanité et assure une formation (tout au long de la vie) permettant aux citoyens de fonctionner dans leur société tout en produisant de nouvelles connaissances sur des enjeux complexes (comme la génétique, l’insécurité alimentaire, l’intelligence artificielle, la robotique avancée). L’ES contribue également à la réputation des États où les découvertes ont été produites (Hazelkorn, 2013; Marginson, 2016; UNESCO, 2005).
Au cœur de la société du savoir, l’ES représente des investissements mondiaux de 1 900 milliards de dollars (Kim, 2017); au Canada, les revenus totaux des établissements d’ES dépassent les 38,7 milliards (Statistique Canada, 2020). Ces investissements servent à soutenir les missions de l’ES, qui contribuent directement à la société du savoir par ses activités : enseignement et apprentissage; recherche et innovation; service aux collectivités (Kerr, 1963). Or, malgré la multiplication des rapports et des avis du Conseil supérieur de l’éducation, des rapports et des analyses faits pour le gouvernement (Bissonnette et Porter, 2013; Corbo, 2013, 2017) et des recommandations découlant du chantier sur l’université du futur (Quirion, Bergeron, Corbo et al., 2021), notre connaissance des conditions dans lesquelles s’accomplissent ces missions demeure limitée.
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