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Marchés controversés, objectification et inégalités relationnelles. Réfuter la thèse de l’asymétrie à la lumière du concept de dérivatisation

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Naïma Hamrouni : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Quelle est la différence entre le travail du sexe et le travail de secrétariat ou de soins? Pourquoi le premier est-il moralement répréhensible aux yeux de plusieurs et souvent législativement réprimé, alors que le deuxième ne soulève généralement pas de débats éthiques houleux? Pour les partisan.e.s de «la thèse de l’asymétrie», c’est qu’il y a une différence moralement significative entre les deux. Après avoir examiné les 4 principales défenses de cette thèse de l’asymétrie, soit les analyses en termes de (a) corruption (Radin, 1996 et Anderson, 1995), (b) objectification (Nussbaum, 1995 et 1998), (c) inégalités relationnelles (Satz, 2010), (d) vulnérabilité (Phillips, 2013), je soutiens que cette thèse flirte avec le perfectionnisme, qu’elle nous pousse à l’incohérence et qu’elle est, en définitive, intenable. Je suggère que le problème de justice, commun à l’ensemble des marchés à prédominance féminine, peut être mieux saisi par le concept de «dérivatisation» développé par Ann Cahill, dans ses écrits sur la pornographie et la violence sexuelle (2011). La «dérivatisation» se produit lorsqu’une personne est traitée comme une extension de quelqu’un d’autre, comme un appendice, existant-pour-autrui, et non pour elle-même. Elle est aussi inextricablement liée aux normes de genre sexistes qui façonnent aussi bien nos subjectivités que nos interactions inter-sexes et notre environnement social.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.

Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.

Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».

Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
news icon Thème du colloque :
Science, philosophie, société
section icon Date : 11 mai 2022

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Titre du colloque :

Science, philosophie, société

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Thème du colloque :

Science, philosophie, société