pen icon Colloque
quote

Marches du Hirak : des jeunes dans l’espace public

HA

Membre a labase

Houria Abdennebi-Oularbi : Université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou

Résumé de la communication

En 2018, le soulèvement du Hirak en Algérie contre la candidature d’un président diminué fait converger vers la capitale une foule de jeunes, de pères et de mères de familles, et même de personnes âgées. Après la prière du vendredi, au sortir de la mosquée, les jeunes de la commune d’Hussein dey battent le pavé en scandant « le pays est nôtre et nous en sommes propriétaires et nous ferons ce que nous désirons » (leblad bladna wa hna muallih, ndiru rayna). Ces manifestations deviennent des lieux de socialisation : des familles offrent des plats de couscous ou des casse-croûte à ceux qui viennent de toutes les régions d’Algérie et qui ont bravé de nuit les barrages de police dressés à l’entrée d’Alger. Elles engendrent aussi des craintes : des pères veillent au pas des portes par peur de voir leur véhicule endommagé. Mais ces jeunes défilent sans violence, « paisiblement » (silmiya). Sur la base de témoignages de jeunes de milieux populaires, cette communication explore leurs parcours de contestation dans l’espace public et sur les réseaux sociaux.

Résumé du colloque

Ce colloque propose, à partir des travaux conduits dans le cadre d’une recherche partenariale comparative (TRYSPACES), de revenir sur le rôle des jeunes dans les transformations culturelles, sociales, économiques et politiques des espaces publics de quatre villes (Hanoï, Montréal, Mexico, Paris). Visibles dans les espaces publics par effets de pratiques spécifiques qui interpellent, déforment, dérangent et repoussent les limites imposées par les normes et la régulation sociales, les jeunes avec lesquelles nous travaillons depuis 2017 transgressent l’ordre établi des villes contemporaines, soit par choix (les pratiques transgressives peuvent être attrayantes), soit par nécessité (par exemple pour « prendre place » malgré les contraintes sociales, légales ou urbanistiques). Leur présence publique, surtout quand elle est de longue durée, statique, nocturne, génère une stigmatisation et une réprobation à géométrie variable, en fonction de leurs identités multiples. Loin de constituer un groupe monolithique, leur expérience de l’espace public est en effet définie par le contexte socioculturel et politique, mais aussi par le fait d’être une fille, un-e jeune racisé-e, autochtone, de vivre avec un handicap ou d’habiter un quartier excentré. Par l’entremise de plusieurs études de cas menées par des chercheur-euses, des étudiant-es et des jeunes basé-es à Montréal et dans les autres villes du projet, ce colloque réfléchira à la façon dont les jeunes utilisent les espaces publics et aux déterminants de la perception de ces usages comme transgressifs. Quelles sont les conséquences de ces pratiques dites transgressives sur la régulation des espaces publics et la gouvernance urbaine? Comment les jeunes procèdent-ils et elles pour s’approprier certains espaces? En quoi ceci contribue-t-il à la constitution de leur identité, leur permet-il d’exprimer leur vision du monde et de se faire une place dans un monde de plus en plus urbain et interconnecté?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 11 mai 2022

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :