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Valérie Lapointe Gagnon : University of Alberta
À la suite de la mise en place de la Loi sur les mesures de guerre en octobre 1970, des journaux étudiants de partout au pays sont saisis par la police parce qu’ils souhaitent publier le document que plusieurs médias traditionnels refusent de faire paraître : le manifeste du Front de libération du Québec (FLQ). Alors que la majorité de la population appuie largement la gestion de crise du gouvernement Trudeau, des voix s’élèvent pour critiquer les dérives antidémocratiques de la Loi. Les journaux étudiants du pays vont saisir cette occasion pour inventer un discours journalistique engagé souhaitant contrer celui des médias traditionnels, auxquels on reproche une présentation peu nuancée du Québec et des mouvements en faveur de son indépendance. Fondée en 1938, la Canadian University Presse (CUP) jouera un rôle prépondérant dans la couverture des événements d’Octobre 1970 et mènera une campagne pour contrer la désinformation sur le Québec dans le Canada anglophone.
Cette présentation s’intéressera donc au discours journalistique de la CUP, à sa représentation du Québec et de la crise d’Octobre et à son désir, à travers ses articles, de contrer la francophobie en créant une solidarité entre la gauche québécoise et la gauche anglo-canadienne.
Lors de l’élection fédérale de 2021, plusieurs politiciens et commentateurs de la scène politique fédérale et québécoise ont dénoncé l’attitude jugée méprisante de Shashi Kurl, modératrice du débat en langue anglaise. Mme Kurl, dont il y a tout lieu de penser qu’elle était autorisée en ce sens par les organisateurs de l’événement (le consortium des médias de langue anglaise), avait suggéré lors de la toute première question posée au chef bloquiste Yves-François Blanchet, non seulement qu’il existe du « racisme systémique » au Québec, mais que certaines initiatives législatives, dont le projet de loi no 21 sur la laïcité du Québec et le projet de loi no 96 sur la langue française, en représentent d’évidentes manifestations. Il s’agissait là d’une sorte de copié-collé d’un événement en tout point similaire s’étant produit lors d’un même débat en langue anglaise à l’élection précédente de 2019, alors que l’animatrice Althia Raj avait reproché au chef néodémocrate Jagmeet Singh de ne pas avoir eu le « courage » d’affronter le projet de loi no 21 qu’elle présentait comme étant manifestement discriminatoire. Si d’aucuns commentateurs et politiciens n’ont pas hésité à décrire ces questions comme du Québec bashing, d’autres ont rappelé qu’il est parfaitement légitime de critiquer des politiques publiques québécoises, de les décrire comme étant discriminatoires, sans avoir à subir un procès quant à la pureté de ses intentions.
Si les historiographies acadienne et québécoise ont été appelées à souligner les manifestations récurrentes de francophobie en contexte canadien, le concept de Québec bashing, ou celui moins usité d’« Acadie bashing », a été relativement peu mobilisé par les travaux universitaires. C’est à combler cette lacune que sera consacré ce colloque.
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