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Etienne Groleau : Cégep Beauce-Appalaches
Celui qui commence à s’intéresser à la métaéthique peut être frappé de constater la domination de la philosophie analytique dans ce domaine. Cette domination est si marquée qu’elle va jusqu’à obscurcir l’apport d’autres approches, notamment de la phénoménologie. En effet, on reproche à la phénoménologie son manque de rigueur et l’on craint parfois qu’elle ne conduise au relativisme. Mais peut-elle conduire à une réflexion pertinente sur les problèmes contemporains de métaéthique ? Dans cette présentation, je vais remettre en question le rejet de cette approche afin de proposer un plaidoyer en faveur d’une métaéthique phénoménologique. L’objectif ne sera pas de formuler des thèses métaéthiques, mais de leur ouvrir la voie. Je vais d’abord répondre aux différentes critiques que l’on peut soulever contre la phénoménologie pour ensuite présenter les avantages et les possibilités qu’offre une approche phénoménologique prudente de la métaéthique.
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
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