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Louis Bélanger
Les écosystèmes forestiers n’ayant jamais subi de l’exploitation forestière sont reconnus pour leur valeur unique pour la conservation de la biodiversité. Il s’agit entre autres de témoins nécessaires à l’aménagement forestier durable sur le reste du territoire. Toutefois, en raison de sa longue histoire forestière industrielle et de l’absence de parcs nationaux fédéraux, le Québec a perdu presque tous ses paysages forestiers intacts au sud du 50e parallèle. Par un hasard historique lié notamment aux épidémies de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE), près de 400 km2 du territoire Ya’nienhonhndeh sont demeurés inaffectés par la foresterie moderne. Il s’agit d’une partie intégrante du dernier fragment de paysage forestier intact au sud du Québec dont le caractère unique et irremplaçable suscite un large intérêt scientifique et patrimonial. Pourtant, sa conservation ne va pas de soi pour les autorités du ministère des Forêts de la Faune et des Parcs qui contestent la création d’une aire protégée en raison de la prévalence des peuplements perturbés par la TBE. Même la Direction des aires protégées du MELCC s’est interrogée sur la valeur ajoutée pour la biodiversité de cette forêt intacte qui ne répond pas à la définition de vieille forêt. Dans cette présentation, nous expliquerons pourquoi nous pensons que le projet d’aire protégée Ya’nienhonhndeh amène les autorités gouvernementales à élargir leurs paradigmes de conservation.
Le 8 juin 2021, le gouvernement du Québec et la Nation huronne-wendat annonçaient la création du projet pilote d’aire protégée d’utilisation durable des ressources, nommé Ya’nienhonhndeh, au nord de Portneuf. Pour la Nation, ce fut le résultat d’une décennie de travail collaboratif sur divers aspects politiques, administratifs et scientifiques. En effet, pour obtenir un statut de conservation permanent et assurer la pérennité des richesses patrimoniales et écologiques uniques du territoire de 800 km2 visé par son projet, la Nation a amorcé des dialogues avec différents ministères et de nombreux intervenants. En 2018, un moratoire sur les coupes forestières a été mis en place sur le territoire à la suite de sorties de la presse écrite et radiophonique dénonçant l’urgence de le protéger. Ensuite, les discussions avec les différents usagers du territoire ont permis à la Nation de proposer un projet rassembleur dans la région. Grâce à son alliance avec les intervenants régionaux, la Nation a vu ses efforts être récompensés par l’annonce du mois de juin. En parallèle, la Nation a lancé des projets de recherche avec de nombreux partenaires issus de domaines scientifiques variés. Ensemble, ils se sont donné comme mission de documenter l’unicité du territoire tant sur le plan archéologique et anthropologique que sur le plan écologique. L’objectif de ce colloque sera de partager les résultats des dizaines de projets de recherche qui ont eu lieu sur le territoire. L’activité aura trois volets complémentaires : 1) un retour sur les résultats des différentes études scientifiques réalisées sur le territoire et qui ont nourri le projet d’aire protégée; 2) des communications offrant des illustrations et des réflexions sur les démarches collaboratives et multidisciplinaires de la Nation huronne-wendat; et 3) des présentations et des discussions autour de l’utilisation passée et actuelle du territoire, et de son futur.
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