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Quelle éthique pour l’application de la téléconsultation au Maroc ? Diagnostic et leçons apprises post-pandémie

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Imane Ouchen, M.eng ,m.sc, Emba, Ph.d : Polytechnique Montréal

Résumé de la communication

En temps de COVID-19, la création de plusieurs plateformes de télémédecine gratuites ou payantes au Marco a permis aux patients de contacter des spécialistes rapidement et efficacement. Ces plateformes s’avéraient utiles aux citoyens atteints de pathologies chroniques. Majoritairement, ces contacts étaient sous forme de questions (écrites/orales), entre le patient et le praticien. Il parait évident le creux entre éthique clinique et pratique de téléconsultation. Comment un praticien parviendrait à établir un l’équilibre entre non-malfaisance et bienfaisance, alors qu’il réalise une téléconsultation sous forme d’interrogatoire avec un patient qu'il ne connait pas, donc avec insuffisamment de données lui permettant de prendre la bonne décision? De plus, cet interrogatoire est réalisé sans la présence d’un professionnel au côté du patient. Comment parvenir à l’égal accès au soin de télémédecine entre citoyens (citadin/rural, illettré/lettré, riche/pauvre) alors que le taux d’analphabétisme est de 32%, de pauvreté est de 45%. Certains citoyens ne pourront utiliser la télémédecine pour des raisons technologiques, d’autre pour des raisons financières…Les déserts médicaux sont également parmi les entraves à l'implantation de la télémédecine au Maroc, malgré le déploiement dans plusieurs villages permettant aux populations de ces zones d’avoir un accès à une consultation médicale. Ces zones se trouvent toujours loin d’avoir un accès régulier aux consultations de « bobologie ».

Résumé du colloque

Les répercussions de la pandémie de SARS-CoV-2 sur la société, en général, et sur le système de santé, en particulier, sont sans précédent. La capacité du système et de ses acteurs à maintenir des soins sécuritaires et de qualité a été mise à l’épreuve. Parallèlement, la pandémie a catalysé plusieurs transformations dans la manière dont les soins de santé sont pensés, organisés, offerts et reçus. Une bonne portion des stratégies envisagées ou implantées pour accompagner ces changements incluent des technologies de l’information (TI). Le potentiel de ces dernières ne peut être minimisé : les TI peuvent contribuer à l’échange d’information et au maintien de relations à distance en plus de soutenir l’offre de soins et services, ainsi que leur administration, tout en réduisant les risques de contagion et l’utilisation d’équipement individuel de protection et en sortant certains acteurs de leur isolation. Que ce soit dans le but de prévenir des éclosions dans les établissements clés ou de minimiser les conséquences des mesures de distanciation, ces technologies ont été mobilisées, déployées, adaptées ou recréées de toutes pièces.

Il importe de faire le point sur cette utilisation des TI en contexte de pandémie et de réfléchir aux enjeux éthiques, méthodologiques et cliniques de leur implantation, de même que leurs incidences sur les procédures, les partenariats ainsi que les flux et charges de travail, entre autres. Cette réflexion est d’autant plus cruciale que les changements encourus risquent de perdurer au-delà de la pandémie. Elle devrait aussi tenir compte de l’expérience de tous les acteurs concernés, y compris les fournisseurs et développeurs de ces TI, les administrateurs et professionnels de différentes spécialités et domaines de la santé, les personnes qui ont été atteintes de COVID-19, les personnes aux prises avec des questions de santé ponctuelles ou aigues durant la pandémie et les patients vivant avec des conditions chroniques, ainsi que les proches et familles de ces acteurs.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
Discutant-e- de la session : Guy Paré
section icon Date : 11 mai 2022

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