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Christoph Stamm : UQAM - Université du Québec à Montréal
Tandis qu’on assiste depuis une dizaine d’années à un boum des monnaies locales associatives en France et en Belgique, le sujet suscite relativement peu d’intérêt au Québec et le phénomène y est pour l’instant peu présent. Notons toutefois qu’une monnaie locale existe depuis 2004 dans la municipalité de Saint-Jean-de-Dieu (Bas-Saint-Laurent) et que la monnaie La Chouenne a été lancée dans la MRC Charlevoix fin 2021.
Si les initiatives de monnaies locales peuvent prendre plusieurs formes, elles partagent habituellement la vision d’une économie à échelle humaine, localisée et soutenable sur le plan environnemental. Un circuit de monnaie locale introduit une certaine restriction territoriale de la circulation des biens et services, souhaitant ainsi contribuer au développement endogène d’un territoire. Une véritable transformation écologique doit viser la réduction des flux de matières et d’énergie. Par conséquent, les nouvelles activités localisées doivent se substituer et non pas s’additionner aux flux suprarégionaux.
En plus, la monnaie locale ne peut qu’être un levier parmi d’autres pour cette transformation des territoires. D’autres formes de monnaies, telles que le crédit mutualisé interentreprises, pourraient également y jouer un rôle. Mais surtout, ces projets monétaires doivent s’insérer dans un mouvement plus large qui fédère les acteurs de la transformation dans le but de créer une masse critique et permettant notamment de réorienter les politiques publiques régionales.
Cette proposition de colloque est portée par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), qui rassemble les chercheurs des universités québécoises intéressés par le développement territorial et plus particulièrement par les dynamiques de développement-régression qui touchent les régions non métropolitaines. Ces territoires sont soumis à des tensions qui se renouvellent continuellement. Longtemps analysées en termes économiques autour de la relation de dépendance qui lie ces territoires aux aires métropolitaines et aux capitaux extérieurs, les dynamiques de ces territoires sont aujourd’hui regardées en s’intéressant à la diversité des conditions sociales et environnementales qui les caractérisent.
La période récente apporte son lot de questions qui, si elles ne sont pas toujours nouvelles, interrogent les modalités d’une transition de nos économies et de nos sociétés vers des modèles de développement qui sachent corriger les problèmes écologiques et sociaux engendrés par des systèmes de production qualifiés parfois de « productivistes » ou « extractivistes » et bâtir de nouvelles perspectives. La récente crise sanitaire a apporté son lot de questions autour de l’organisation du travail, de l’occupation du territoire, des approvisionnements de proximité, de la numérisation. Les territoires non métropolitains ont été confrontés à des questions criantes relatives au logement, aux transports, à l’accès aux réseaux haut débit, à des mobilités inédites (temporaires ou non), voire à l’approvisionnement en denrées de base. Le secteur des services s’en est trouvé bouleversé, avec une division du travail entre celles et ceux pouvant effectuer leur travail à distance et d’autres contraints d’effectuer leurs tâches en « présentiel », sans parler des nombreux métiers qui n’ont eu d’autre choix que de se réinventer.
C’est à une réflexion autour de ces transformations qu’invite le CRDT pour ce colloque dans le cadre du congrès 2022 de l’Acfas.
Titre du colloque :