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Rachel Bélisle : Université de Sherbrooke
Si la RVA est mise en valeur pour notamment favoriser l’intégration des personnes immigrantes et soutenir la polyvalence des travailleuses et des travailleurs, elle est aussi l’objet de différentes études sur son rôle dans la persévérance. Nombreuses à être réalisées au postsecondaire, elles confirment que la persévérance est en général supérieure chez les personnes étudiantes ayant obtenu une reconnaissance d’acquis extrascolaires que chez celles n’en ayant pas reçu. Si la réduction de la durée du parcours est un élément clé dans ce constat, divers résultats laissent penser que sont en jeu des caractéristiques des personnes qui demandent une reconnaissance d’acquis extrascolaires, comme le fait de connaitre déjà le domaine du diplôme convoité et de s’y plaire, d’avoir déjà un bon niveau d’autonomie dans ses apprentissages ou d’avoir eu de bons résultats scolaires avant d’entrer sur le marché du travail (Bélisle et Fernandez, 2018).
Ma contribution à ce symposium va s’intéresser particulièrement aux personnes qui sont entrées sur le marché du travail avec un diplôme de formation générale (études secondaires ou collégial préuniversitaire) et qui ont fait divers apprentissages en situation de travail rémunéré ou bénévole. Elle a pour objectif de poursuivre la réflexion sur les avantages et les inconvénients de la reconnaissance des acquis extrascolaires au premier cycle universitaire (certificat ou baccalauréat) pour l'obtention d'un premier diplôme professionnalisant.
L’accélération des processus migratoires, conjuguée à la mondialisation croissante du marché de l’emploi, a remis en évidence l’importance de la reconnaissance et de la validation des acquis de l’expérience (RVAE). Leur non-reconnaissance entraîne un coût sur les plans humain, social et économique (Bellemare, 2016). Or, les universités demeurent à ce jour en grande partie exclues de ce processus.
En effet, l’université décerne des diplômes qui lui sont propres et qui reflètent l’expertise disciplinaire de son corps professoral. Ainsi, l’université ne peut reconnaître complètement un diplôme, mais peut difficilement élaborer des méthodes normalisées (Comité interministériel sur la reconnaissance des compétences des personnes immigrantes, 2017). Les personnes responsables d’évaluer les demandes de RVAE en milieu universitaire n’en sont que très rarement des spécialistes. Par ailleurs, le savoir universitaire se déploie sur des bases théoriques et scientifiques, ce qui a fait dire à certains que l’expérience ne répond pas à ces exigences (Landry, 1986). Mais il a été démontré que l’expérience permet une profondeur de compréhension qu’on retrouve rarement dans la formation universitaire (Barrette et de Champlain, 2017; Pastré, 2011). Comment établir ce dialogue?
La RVAE universitaire fait l’objet d’un intérêt scientifique croissant (Bernal Gonzalez, 2020; Cherqui-Houot, 2001, 2008; Morin, 2015) et de développement soutenu (Glauser, 2018; Ouellet, 2006; Shaffer et al., 2010). Ce colloque propose donc un lieu d’échanges et de réflexion intersectoriels sur la RVAE universitaire. Nous accueillons les contributions scientifiques et professionnelles relatives à : 1) des résultats de la recherche sur la RVAE universitaire; 2) des dimensions théoriques de l’explicitation et de la reconnaissance universitaires des pratiques; 3) des pratiques et du développement de la RVAE au niveau universitaire; et 4) des rapports existant entre la RVAE universitaire et celle à d’autres ordres d’enseignement.
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