Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Franck Scherrer : Université de Montréal
La transition écologique constitue le défi majeur de l’humanité au 21e siècle. Les transformations à opérer pour se diriger vers des modèles respectant les limites planétaires et les besoins essentiels des personnes requièrent des changements structurels, multi-échelles et de long terme. La projection dans l’avenir est incontournable pour réorienter nos systèmes, alors même que le futur est incertain et que l’action collective est marquée par le court-termisme. L’initiative Chemins de transition (Université de Montréal – Espace pour la vie) s’inscrit dans cette nécessité d'apprendre collectivement à mieux concevoir et utiliser le futur pour nous préparer aux changements, nous rétablir en cas de choc et (ré)inventer en continu. L’approche prospective ouverte, mobilisatrice de savoirs variés, et participative qu’elle développe permet d’imaginer des trajectoires de changement sur 20 ans afin de répondre à de grands défis de la transition au Québec. L’intervention viserait à présenter l’utilité de l’outil prospectif pour penser et accélérer la transition ; la méthode du projet ; et des apprentissages sur l’acculturation aux futurs possibles.
Apparue en Chine en 2019, la COVID-19 s’est propagée dans le monde en causant au passage des dommages importants (OMS, 2020). À l’heure des premiers bilans, il paraît clair que la sortie de la situation pandémique appelle une série de transitions vers des systèmes (écologiques, économiques, sociaux…) plus durables et plus résilients.
La notion de transition renvoie à des changements systémiques profonds, qui se jouent à différents niveaux d’organisation et impliquent une grande diversité d’acteurs (Geels et Schot, 2007; Audet, 2015). Au-delà de l’accumulation d’expérimentations et de projets locaux, il s’agit de penser le changement à l’échelle macro, à long terme, tout en maintenant la nécessité de l’action micro à court terme. La question des outils-approches-méthodes pour soutenir cette volonté s’avère alors centrale. Les laboratoires vivants (living labs), tiers-lieux et autres labs, entendus comme des espaces et des approches d’innovation ouverte et de recherche collaborative (Leminen, Rajahonka et Westerlund, 2017) font partie des moyens pour outiller les projets de transition. Depuis le début de la pandémie, ils ont su faire preuve d’une grande créativité, tant pour maintenir leur existence que pour trouver des solutions destinées à contourner les effets négatifs et les répercussions de la COVID -19. L’objectif central de ce colloque sera donc de tirer les leçons des apprentissages issus de la situation de crise pour explorer le potentiel des labs comme outils de gestion des transitions vers un avenir plus durable et résilient.
Les labs et autres tiers-lieux, intégrant les approches multiparties prenantes et les besoins des usagers, semblent particulièrement pertinents pour répondre à ces enjeux. Par ailleurs, la durabilité est devenue, au fil des générations, une des huit caractéristiques clés des living labs selon Hossain et al. (2019). La littérature sur les living labs est désormais majoritairement publiée dans des revues traitant de durabilité et d’environnement (Greve et al., 2021, 17).
Toutefois, Hossain et al. (2019, 19) précisent que, si le développement durable est un sujet de plus en plus important pour les laboratoires vivants, ce thème reste relativement implicite pour la plupart d’entre eux. Par ailleurs, l’évaluation de l’impact réel des labs dans le milieu dans lequel ils s’inscrivent, mérite d’être documentée encore davantage, et particulièrement pour les laboratoires vivants visant des problématiques d’environnement et d’agriculture durables (Bronson et al., 2021).
Il convient donc d’expliciter plus clairement la façon dont les labs contribuent à la transition vers un système plus durable et de mesurer les répercussions réelles au-delà des intentions de changement.
Titre du colloque :
Thème du colloque :