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Repérage de la dyslexie en contexte de contrôle de prérequis aux études universitaires. Contribution du profil orthographe-compréhension-lecture

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Myriam Piccaluga : Université de Mons

Résumé de la communication

Dans le cadre d’une campagne d’évaluation de prérequis à l’entrée à l’Université, une cohorte de jeunes adultes a subi une épreuve de langue maternelle (français) comportant 2 volets (orthographe et compréhension en lecture). Nous tentons ici de poser les bases d’un système de différenciation permettant, parmi les sujets à Très Faibles Performances en Orthographe (« TFPO »), de repérer ceux qui pourraient légitimement se voir proposer un dépistage de la dyslexie. Sur 491 sujets, 44 sont identifiés TFPO (notes < 5/20). On note leur infériorité en compréhension (F=26,81 ; d.l.=1 ; p<.001) par rapport aux autres sujets (groupe de Référence, « R », N=447), avec un déficit moyen de plus de 3 points sur 20. Ceci conduit à interroger les déterminants de ce différentiel. Le ? de Cronbach, (N=491), de .371 en compréhension, et .634 en orthographe, suggère, à l’instar d’études antérieures (1) que des processus plus diversifiés sont sous-jacents aux performances en compréhension ; ce que corrobore la complexité des modèles de compréhension en lecture (2). De fait, les 8 items de compréhension ont un comportement très diversifié (TFPO : Q de Cochran = 59,69, d.l.=7, p<.001) et un groupe d’items montre des performances dégradées chez les sujets TFPO par rapport aux autres (U de Mann-Whitney : p<.001). La prise en compte de tels profils différentiels (3) peut s’avérer contributive à l’objectif poursuivi et à l’amélioration des stratégies d’aménagement adaptées aux besoins spécifiques.

Résumé du colloque

L’apprentissage de la lecture et de l’écriture est une activité complexe. Un des facteurs expliquant la difficulté pour plusieurs à accomplir cette tâche concerne l’opacité de l’écriture alphabétique. En effet, l’orthographe française représente la langue orale sur le plan de la phonologie, mais la relation graphèmes-phonèmes est multivoque. De plus, pour transcrire tous les phonèmes, une combinaison des lettres de l’alphabet est nécessaire (Sprenger-Charolles et Colé, 2013). Conséquemment, pour lire et écrire, l’apprenant doit développer également des connaissances orthographiques et morphographiques. Pour certains élèves présentant des difficultés d’apprentissage en lecture et en écriture, les traitements associés à l’identification et à la production de mots écrits sont déficitaires. Ces apprenants, qui présentent une dyslexie-dysorthographie, compte tenu de l’âge chronologique, des capacités cognitives et de l’enseignement reçu, démontrent un retard en ce qui concerne la transformation de l’information phonologique (oral) en code orthographique (écrit), ce qui entraîne des difficultés à lire et à écrire des textes variés (Connely et al., 2012; Sprenger-Charolles et Colé, 2013; Tunmer et Greaney, 2010).

Puisque le développement des compétences en littératie revêt un caractère déterminant pour la réussite scolaire et l’intégration sociale (Janosz et al., 2013; Soares-Boucaud, Cheynel-Alberola et Georgieff, 2007), il est nécessaire de reconnaître les causes et les conséquences de la dyslexie-dysorthographie afin de soutenir adéquatement l’apprenant. Donc, il importe de se questionner sur les avancements des connaissances scientifiques au regard de l’évaluation et de l’intervention auprès de l’élève dyslexique-dysorthographique francophone afin de lui permettre d’actualiser son potentiel.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 11 mai 2022

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