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Stevens Azima : Université Laval
La pandémie de COVID-19 a réactualisé l’intérêt d’avoir des systèmes alimentaires plus résilients. Étant donné la complexité des systèmes socio-écologiques, on ignore quand et comment d’autres crises comparables vont se manifester, mais elles sont attendues dans un contexte de plus en plus favorable aux changements climatiques et à l’émergence d’autres pandémies. L’agriculture est particulièrement à surveiller car elle est non seulement exposée à ces aléas, mais elle contribue aussi à les renforcer. Ainsi, le concept de résilience des systèmes alimentaires a souvent été mobilisé pendant la pandémie pour rendre compte du potentiel de systèmes reterritorialisés de fournir une réponse adaptée en temps de crise. Des exemples encourageants de résilience dans certains systèmes au début de la pandémie ont été signalés. Mais des cas moins concluants ont été aussi rapportés en matière de résilience et les conditions de cette résilience restent encore obscures. Nous avons donc conduit une synthèse systématique des travaux empiriques conduits sur la résilience des systèmes alimentaires durant la COVID-19 de 2020 à 2021, sur une base initiale de 174 articles repérés dans Web of Science. Dans l’ensemble, les travaux retenus confirment que la pandémie a été un test de résilience pour l’ensemble des systèmes alimentaires mais aussi une source de leçons pour forger des systèmes alimentaires plus résilients et plus diversifiés à l’avenir.
Cette proposition de colloque est portée par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), qui rassemble les chercheurs des universités québécoises intéressés par le développement territorial et plus particulièrement par les dynamiques de développement-régression qui touchent les régions non métropolitaines. Ces territoires sont soumis à des tensions qui se renouvellent continuellement. Longtemps analysées en termes économiques autour de la relation de dépendance qui lie ces territoires aux aires métropolitaines et aux capitaux extérieurs, les dynamiques de ces territoires sont aujourd’hui regardées en s’intéressant à la diversité des conditions sociales et environnementales qui les caractérisent.
La période récente apporte son lot de questions qui, si elles ne sont pas toujours nouvelles, interrogent les modalités d’une transition de nos économies et de nos sociétés vers des modèles de développement qui sachent corriger les problèmes écologiques et sociaux engendrés par des systèmes de production qualifiés parfois de « productivistes » ou « extractivistes » et bâtir de nouvelles perspectives. La récente crise sanitaire a apporté son lot de questions autour de l’organisation du travail, de l’occupation du territoire, des approvisionnements de proximité, de la numérisation. Les territoires non métropolitains ont été confrontés à des questions criantes relatives au logement, aux transports, à l’accès aux réseaux haut débit, à des mobilités inédites (temporaires ou non), voire à l’approvisionnement en denrées de base. Le secteur des services s’en est trouvé bouleversé, avec une division du travail entre celles et ceux pouvant effectuer leur travail à distance et d’autres contraints d’effectuer leurs tâches en « présentiel », sans parler des nombreux métiers qui n’ont eu d’autre choix que de se réinventer.
C’est à une réflexion autour de ces transformations qu’invite le CRDT pour ce colloque dans le cadre du congrès 2022 de l’Acfas.
Titre du colloque :