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Manek Kolhatkar : Université de Sherbrooke
Cette communication présente un projet d’archéologie numérique publique mené dans une des régions à la frontière est du Québec, la Basse-Côte-Nord. Il décrit les difficultés et les conséquences du développement de compétences numériques dans les différentes communautés de la région. Pendant des milliers d’années, cette région éloignée a été une plaque tournante pour les échanges culturels, et des fouilles y ont été réalisées par divers archéologues. Aujourd’hui, elle est toujours privée d’un bon accès routier et n’est dotée d’une infrastructure à large bande que depuis 2019. Des communautés autochtones (Innus) et non autochtones (francophones et anglophones) y cohabitent. Le projet « Archéologie numérique en Basse-Côte-Nord » cherche à répondre aux besoins de développement des communautés en stimulant la croissance et en attirant des jeunes pour qu’ils découvrent le riche patrimoine et le paysage exceptionnel de ce territoire. Le projet intègre l’éducation numérique au programme scolaire régional. Les communautés peuvent préserver leur patrimoine et leur territoire et participer à l’élaboration d’une vitrine virtuelle, ou d’un musée en ligne, tout en développant des compétences numériques qui permettront aux jeunes d’élargir leur horizon de possibilités.
Ce colloque propose d’aborder différentes problématiques liées au numérique dans les communautés linguistiques en milieu minoritaire, notamment les communautés de langues officielles en situation minoritaire (francophonie canadienne, communautés d’expression anglaise au Québec) ainsi que toute autre minorité linguistique au Canada ou ailleurs (ex. : communautés autochtones). L’utilisation du numérique est aujourd’hui transversale à un ensemble de pratiques informationnelles et d’usages des technologies de l’information et des communications (TICs). Elle rend nécessaire une meilleure littératie numérique et informationnelle de la population et soulève des enjeux généraux comme celui de combattre la désinformation en ligne, et d’autres plus spécifiques comme les contextes linguistiques minoritaires. Ces enjeux impliquent notamment différentes stratégies d’action en ce qui concerne l’accès à des services dans la langue de la minorité (en santé, en éducation, en justice), la revitalisation et le maintien des langues et des cultures des communautés ainsi que la « découvrabilité » des contenus culturels et des œuvres en ligne (des œuvres récentes ou patrimoniales). Le numérique peut aussi jouer un rôle dans le renforcement du sentiment d’appartenance à des communautés, ainsi que dans la possibilité de créer de nouvelles communautés en ligne qui vont au-delà des frontières physiques. Cette utilisation accrue du numérique pose également des questions d’inégalités sociales, de fractures et de littératies numériques à l’intérieur même de ces communautés en fonction de différentes caractéristiques de leurs populations (âge, géographie, sexe, revenu, scolarité). Elle a un impact sur les médias de ces communautés et leurs moyens de s’y adapter ainsi que sur leur développement économique. Enfin, elle transforme également les méthodes de recherche, notamment en sciences sociales, pour mieux comprendre la complexité des usages du numérique et de ses répercussions.
Pour saisir l’ampleur des changements, des enjeux et des innovations apportés par le numérique sur des communautés linguistiques en situation minoritaire, ce colloque invite les chercheuses et chercheurs ainsi que les étudiantes et étudiants à proposer une communication sur cette thématique.
Titre du colloque :