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Christelle Pelbois : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Au Québec, des débats concernant le statut des universités existent. Certains conçoivent qu’il existe des universités dites « à charte » et « non à charte », ou encore qu’il existe des université « privées » et d’autres qui seraient « publiques », au premier chef l’Université du Québec en serait une, ainsi que son université associée (l’Université du Québec à Montréal) et ses neuf constituantes.
Alors qu’ont lieu actuellement d’importants débats sur l’université québécoise du futur et sur la liberté académique, nous avons exploré ce phénomène dans le cadre d’une recherche inductive conduite au printemps et à l’été 2021. Un corpus de données composé de documents officiels, d’articles scientifiques, de rapports, de documents de réflexion et d’entrevues anonymisées, ont été recueillis et analysés au fur et à mesure de leur collecte.
Nos constats témoignent de l’étendue des mythes et croyances sur le statut d’université au Québec. Pourtant, toute université au Québec ne peut exister, depuis 1967, que par une loi de l’Assemblée nationale qui confère à une personne morale un statut d’université et aucune de ces lois n’accorde de statut public à l’une d’entre elle. Nous exposerons notamment que l’idée même d’université dite « à charte » est un mythe qui perdure malheureusement et nuit à une compréhension plus juste et actuelle du système universitaire québécois.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des pays sont entrés dans ce que certains appellent la « société du savoir » (Bernatchez, 2014; UNESCO, 2005). L’enseignement supérieur (ES) est un pilier des sociétés du savoir, en ce sens qu’il est dépositaire des connaissances accumulées par l’humanité et assure une formation (tout au long de la vie) permettant aux citoyens de fonctionner dans leur société tout en produisant de nouvelles connaissances sur des enjeux complexes (comme la génétique, l’insécurité alimentaire, l’intelligence artificielle, la robotique avancée). L’ES contribue également à la réputation des États où les découvertes ont été produites (Hazelkorn, 2013; Marginson, 2016; UNESCO, 2005).
Au cœur de la société du savoir, l’ES représente des investissements mondiaux de 1 900 milliards de dollars (Kim, 2017); au Canada, les revenus totaux des établissements d’ES dépassent les 38,7 milliards (Statistique Canada, 2020). Ces investissements servent à soutenir les missions de l’ES, qui contribuent directement à la société du savoir par ses activités : enseignement et apprentissage; recherche et innovation; service aux collectivités (Kerr, 1963). Or, malgré la multiplication des rapports et des avis du Conseil supérieur de l’éducation, des rapports et des analyses faits pour le gouvernement (Bissonnette et Porter, 2013; Corbo, 2013, 2017) et des recommandations découlant du chantier sur l’université du futur (Quirion, Bergeron, Corbo et al., 2021), notre connaissance des conditions dans lesquelles s’accomplissent ces missions demeure limitée.
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