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Symétrie entre esthétique et moralité : pour une approche constructiviste méta-normative

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Guillaume Soucy : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Bien que l’idée puisse être considérée comme marginale, plusieurs auteurs affirment que pratiquement les mêmes considérations ontologiques et épistémologiques s'appliquent aux domaines moraux et esthétiques (Ayer 1936; Mackie 1977; McDowell 1983, Pettit 1983; Goldman 1995). Louise Hanson est à l’heure actuelle la principale défenseure de cette idée. Elle soutient ainsi que les deux domaines normatifs de l’esthétique et de la moralité devraient se concevoir sous un paradigme réaliste (Hanson 2013; 2017; 2018). Toutefois, l’expression populaire « la beauté est dans le regard » semble bien exprimer l’idée commune selon laquelle les propriétés esthétiques sont le produit de l’attitude de valorisation d’un individu et non pas des qualités objectives des objets. Mon hypothèse est qu’il existe effectivement une symétrie entre valeur morale et valeur esthétique, mais je m’oppose toutefois au réalisme de Hanson. En fait, je crois plutôt que la manière la plus satisfaisante d’expliquer la nature des propriétés esthétiques et morales réside dans une approche constructiviste inspirée des travaux de Sharon Street. Dans cette présentation, je soutiendrai qu’un tel paradigme métanormatif permet de répondre de manière positive aux trois principaux problèmes auxquels fait face une conception symétrique de la moralité et de l’esthétique selon Hanson.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.

Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.

Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».

Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
news icon Thème du colloque :
Science, philosophie, société
section icon Date : 11 mai 2022

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Titre du colloque :

Science, philosophie, société

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Thème du colloque :

Science, philosophie, société