Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Arnaud Scaillerez : Université de Moncton
La pandémie résultant de la Covid-19 a modifié rapidement les pratiques managériales et de travail (Fana et al., 2021). L'organisation post-pandémique semble prête à conserver le travail à domicile (TAD), à temps plein ou sous forme hybride, puisqu'il répond à d’autres demandes plus anciennes de notre société. Le TAD imposé a aussi permis pour certains employeurs sceptiques jusqu'alors (Fernandez et al., 2014) de prendre conscience de sa faisabilité de et de ses bénéfices potentiels. De nombreuses études ont d'ores et déjà montré les bienfaits du TAD sur les personnes (Scaillerez et Tremblay, 2016; Tremblay, 2003a, 2003b), comme les territoires (Krauss et Tremblay, 2019), mais la situation pandémique anxiogène a pu aussi influencer les expériences de travail à la maison, puisque le TAD comporte aussi certains risques : isolement, solitude (Thébaud-Mony et al., 2015), intensification du travail (Alis et al., 2010) et charge mentale forte (Gillet, 2020). Notre présentation est le fruit d’une recherche que nous menons au sein de certaines régions du Québec (Archipel des Iles-de-la-Madeleine, Rimouski) et du Nouveau-Brunswick (Grand-Moncton, Péninsule Acadienne) où nous avons interrogé certains tiers-lieux (principalement des espaces de coworking) tant sur les stratégiques déployées pour survivre en temps de pandémie que sur la potentialité d’y recourir après la pandémie au profit des utilisateurs, comme sur le plan de la (re)dynamisation des territoires éloignés.
Apparue en Chine en 2019, la COVID-19 s’est propagée dans le monde en causant au passage des dommages importants (OMS, 2020). À l’heure des premiers bilans, il paraît clair que la sortie de la situation pandémique appelle une série de transitions vers des systèmes (écologiques, économiques, sociaux…) plus durables et plus résilients.
La notion de transition renvoie à des changements systémiques profonds, qui se jouent à différents niveaux d’organisation et impliquent une grande diversité d’acteurs (Geels et Schot, 2007; Audet, 2015). Au-delà de l’accumulation d’expérimentations et de projets locaux, il s’agit de penser le changement à l’échelle macro, à long terme, tout en maintenant la nécessité de l’action micro à court terme. La question des outils-approches-méthodes pour soutenir cette volonté s’avère alors centrale. Les laboratoires vivants (living labs), tiers-lieux et autres labs, entendus comme des espaces et des approches d’innovation ouverte et de recherche collaborative (Leminen, Rajahonka et Westerlund, 2017) font partie des moyens pour outiller les projets de transition. Depuis le début de la pandémie, ils ont su faire preuve d’une grande créativité, tant pour maintenir leur existence que pour trouver des solutions destinées à contourner les effets négatifs et les répercussions de la COVID -19. L’objectif central de ce colloque sera donc de tirer les leçons des apprentissages issus de la situation de crise pour explorer le potentiel des labs comme outils de gestion des transitions vers un avenir plus durable et résilient.
Les labs et autres tiers-lieux, intégrant les approches multiparties prenantes et les besoins des usagers, semblent particulièrement pertinents pour répondre à ces enjeux. Par ailleurs, la durabilité est devenue, au fil des générations, une des huit caractéristiques clés des living labs selon Hossain et al. (2019). La littérature sur les living labs est désormais majoritairement publiée dans des revues traitant de durabilité et d’environnement (Greve et al., 2021, 17).
Toutefois, Hossain et al. (2019, 19) précisent que, si le développement durable est un sujet de plus en plus important pour les laboratoires vivants, ce thème reste relativement implicite pour la plupart d’entre eux. Par ailleurs, l’évaluation de l’impact réel des labs dans le milieu dans lequel ils s’inscrivent, mérite d’être documentée encore davantage, et particulièrement pour les laboratoires vivants visant des problématiques d’environnement et d’agriculture durables (Bronson et al., 2021).
Il convient donc d’expliciter plus clairement la façon dont les labs contribuent à la transition vers un système plus durable et de mesurer les répercussions réelles au-delà des intentions de changement.
Titre du colloque :
Thème du colloque :