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Antoine Police : Université Rennes 1 - Arènes (UMR6051)
Depuis une vingtaine d’année, la transformation des économies maritimes fait l’objet de mises à l’agenda régulières reflétant une tendance de fond qui tend à faire de l’océan un nouvel espace d’opportunités économiques ou dans une veine plus critique, d’accumulation capitaliste. Ce mouvement initié dans les années 1990 au niveau international se poursuit par l’élaboration de programmes nationaux pour « l’économie bleue ». Les recherches récentes sur cet objet descendent rarement au niveau des territoires pour en saisir les effets réels. A partir d’une enquête sur l’industrie maricole au Québec Maritime et en Bretagne, cette communication propose de participer à combler ce manque quant à la territorialisation des programmes de l’économie bleue en régions maritimes. Pour se faire, nous analysons les « coalitions de développement » à l’œuvre sur la période 1980-2020. Cette proposition conceptuelle procède de la transposition dans les territoires maritimes des concepts de growth coalition et d’advocacy coalition, issus de la science politique américaine. Ces collectifs formés d’acteurs publics, scientifiques et entrepreneuriaux s’affrontent pour imposer un modèle de développement de l’industrie selon des objectifs, des moyens et des valeurs différentes. Comment les programmes pour l’économie bleue transforment-ils l’action des coalitions de développement et, réciproquement, comment celles-ci participent-elles de l’appropriation territoriale de programme très top-down ?
Cette proposition de colloque est portée par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), qui rassemble les chercheurs des universités québécoises intéressés par le développement territorial et plus particulièrement par les dynamiques de développement-régression qui touchent les régions non métropolitaines. Ces territoires sont soumis à des tensions qui se renouvellent continuellement. Longtemps analysées en termes économiques autour de la relation de dépendance qui lie ces territoires aux aires métropolitaines et aux capitaux extérieurs, les dynamiques de ces territoires sont aujourd’hui regardées en s’intéressant à la diversité des conditions sociales et environnementales qui les caractérisent.
La période récente apporte son lot de questions qui, si elles ne sont pas toujours nouvelles, interrogent les modalités d’une transition de nos économies et de nos sociétés vers des modèles de développement qui sachent corriger les problèmes écologiques et sociaux engendrés par des systèmes de production qualifiés parfois de « productivistes » ou « extractivistes » et bâtir de nouvelles perspectives. La récente crise sanitaire a apporté son lot de questions autour de l’organisation du travail, de l’occupation du territoire, des approvisionnements de proximité, de la numérisation. Les territoires non métropolitains ont été confrontés à des questions criantes relatives au logement, aux transports, à l’accès aux réseaux haut débit, à des mobilités inédites (temporaires ou non), voire à l’approvisionnement en denrées de base. Le secteur des services s’en est trouvé bouleversé, avec une division du travail entre celles et ceux pouvant effectuer leur travail à distance et d’autres contraints d’effectuer leurs tâches en « présentiel », sans parler des nombreux métiers qui n’ont eu d’autre choix que de se réinventer.
C’est à une réflexion autour de ces transformations qu’invite le CRDT pour ce colloque dans le cadre du congrès 2022 de l’Acfas.
Titre du colloque :