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Un laboratoire citoyen pour améliorer l’état des connaissances des pollutions plurielles de la Vallée de l’Arve et pour consolider la cohésion sociale de la région

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Alexandre Savioz : HES-SO

Résumé de la communication

Située entre la ville de Genève et la célèbre destination de Chamonix-Mont-Blanc, la vallée de l'Arve connaît depuis plusieurs décennies d'importantes controverses en lien avec la problématique de la pollution atmosphérique. Depuis plus de trente ans, cette situation a engendré l’émergence de conflits de société initiés par différents mouvements sociaux dénonçant des injustices sociales, sanitaires et environnementales, et usant de multiples stratégies afin de revendiquer une intervention publique. Depuis la moitié des années 2010, l’action collective s’est essentiellement formulée en termes de contre-expertise, ce qui déstabilisa la légitimité des canaux officiels d’experts. Afin de rétablir la confiance avec la population, les agences départementales initièrent des stratégies participatives, dont un projet de “captothèque” qui permet aux citoyens de participer activement à la production de connaissances sur la qualité de l’air de la région. Plus récemment, la mise sur pied d’un “Institut Eco-citoyen” initié par des habitants de la vallée a vu le jour dans le but d’améliorer les connaissances sur les pollutions de la région. Il implique des scientifiques, des industriels, des élus, des services de l’État, des associations environnementales et des citoyens. Au-delà de leur rôle de sensibilisation, ces projets représentent des outils et des lieux de dialogue entre ces différents acteurs. Cette communication vise à présenter les enjeux liés à la coordination entre ces derniers

Résumé du colloque

Apparue en Chine en 2019, la COVID-19 s’est propagée dans le monde en causant au passage des dommages importants (OMS, 2020). À l’heure des premiers bilans, il paraît clair que la sortie de la situation pandémique appelle une série de transitions vers des systèmes (écologiques, économiques, sociaux…) plus durables et plus résilients.

La notion de transition renvoie à des changements systémiques profonds, qui se jouent à différents niveaux d’organisation et impliquent une grande diversité d’acteurs (Geels et Schot, 2007; Audet, 2015). Au-delà de l’accumulation d’expérimentations et de projets locaux, il s’agit de penser le changement à l’échelle macro, à long terme, tout en maintenant la nécessité de l’action micro à court terme. La question des outils-approches-méthodes pour soutenir cette volonté s’avère alors centrale. Les laboratoires vivants (living labs), tiers-lieux et autres labs, entendus comme des espaces et des approches d’innovation ouverte et de recherche collaborative (Leminen, Rajahonka et Westerlund, 2017) font partie des moyens pour outiller les projets de transition. Depuis le début de la pandémie, ils ont su faire preuve d’une grande créativité, tant pour maintenir leur existence que pour trouver des solutions destinées à contourner les effets négatifs et les répercussions de la COVID -19. L’objectif central de ce colloque sera donc de tirer les leçons des apprentissages issus de la situation de crise pour explorer le potentiel des labs comme outils de gestion des transitions vers un avenir plus durable et résilient.

Les labs et autres tiers-lieux, intégrant les approches multiparties prenantes et les besoins des usagers, semblent particulièrement pertinents pour répondre à ces enjeux. Par ailleurs, la durabilité est devenue, au fil des générations, une des huit caractéristiques clés des living labs selon Hossain et al. (2019). La littérature sur les living labs est désormais majoritairement publiée dans des revues traitant de durabilité et d’environnement (Greve et al., 2021, 17).

Toutefois, Hossain et al. (2019, 19) précisent que, si le développement durable est un sujet de plus en plus important pour les laboratoires vivants, ce thème reste relativement implicite pour la plupart d’entre eux. Par ailleurs, l’évaluation de l’impact réel des labs dans le milieu dans lequel ils s’inscrivent, mérite d’être documentée encore davantage, et particulièrement pour les laboratoires vivants visant des problématiques d’environnement et d’agriculture durables (Bronson et al., 2021).

Il convient donc d’expliciter plus clairement la façon dont les labs contribuent à la transition vers un système plus durable et de mesurer les répercussions réelles au-delà des intentions de changement.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
Discutant-e- de la session : Ann-Louise Davidson
section icon Date : 11 mai 2022

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