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Gaston Pineau : Université de Tours
Dans un monde en transformation, la reconnaissance des acquis est un enjeu majeur des histoires de vie en formation. Ces cours de vie sont de plus en plus fluides, aux prises avec des passages permanents de frontières et de niveaux, à mettre en sens expérientiels et formels, avec soi, les autres et les choses. Cet enjeu traverse les évolutions personnelles et sociales qui ne peuvent plus s’appuyer uniquement sur l’inné et la reproduction du passé. Mais il est encore très inégalement vécu, connu, et reconnu selon la position dans la hiérarchie sociale dont il peut bouleverser les frontières : en faire des zones de passage plus que des lignes de séparation.
La communication vise à tenter d’expliciter comment ces enjeux existentiels, institutionnels et conceptuels infinis, ont été travaillés par une histoire personnelle et professionnelle de reconnaissance des acquis au cours des trente dernières années. Comment l’enjeu de construire un dispositif spécifique a-t-il émergé ? Comment s’est construite une démarche de recherche-action-formation conjointe entre la France et le Québec ? Quels bilans tirer de ces expériences ? C’est l’objectif que poursuit cette communication en proposant cette histoire de vie professionnelle en reconnaissance des acquis à la connaissance des organisateurs et participants de ce symposium. Qu’ils soient remerciés d’offrir cette possibilité.
L’accélération des processus migratoires, conjuguée à la mondialisation croissante du marché de l’emploi, a remis en évidence l’importance de la reconnaissance et de la validation des acquis de l’expérience (RVAE). Leur non-reconnaissance entraîne un coût sur les plans humain, social et économique (Bellemare, 2016). Or, les universités demeurent à ce jour en grande partie exclues de ce processus.
En effet, l’université décerne des diplômes qui lui sont propres et qui reflètent l’expertise disciplinaire de son corps professoral. Ainsi, l’université ne peut reconnaître complètement un diplôme, mais peut difficilement élaborer des méthodes normalisées (Comité interministériel sur la reconnaissance des compétences des personnes immigrantes, 2017). Les personnes responsables d’évaluer les demandes de RVAE en milieu universitaire n’en sont que très rarement des spécialistes. Par ailleurs, le savoir universitaire se déploie sur des bases théoriques et scientifiques, ce qui a fait dire à certains que l’expérience ne répond pas à ces exigences (Landry, 1986). Mais il a été démontré que l’expérience permet une profondeur de compréhension qu’on retrouve rarement dans la formation universitaire (Barrette et de Champlain, 2017; Pastré, 2011). Comment établir ce dialogue?
La RVAE universitaire fait l’objet d’un intérêt scientifique croissant (Bernal Gonzalez, 2020; Cherqui-Houot, 2001, 2008; Morin, 2015) et de développement soutenu (Glauser, 2018; Ouellet, 2006; Shaffer et al., 2010). Ce colloque propose donc un lieu d’échanges et de réflexion intersectoriels sur la RVAE universitaire. Nous accueillons les contributions scientifiques et professionnelles relatives à : 1) des résultats de la recherche sur la RVAE universitaire; 2) des dimensions théoriques de l’explicitation et de la reconnaissance universitaires des pratiques; 3) des pratiques et du développement de la RVAE au niveau universitaire; et 4) des rapports existant entre la RVAE universitaire et celle à d’autres ordres d’enseignement.
Titre du colloque :