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Pierre Jacquemot : Groupe initiatives
La situation peut paraître paradoxale. D’un côté, à quelques exceptions près, tous les indicateurs de développement révèlent que les femmes vivant en milieu rural africain sont plus vulnérables que les hommes face à des situations critiques associées à une crise ou au changement climatique et qu’elles sont affectées de façon disproportionnée par la pauvreté. De l’autre, en situation de grande fragilité́ ou pire d’insécurité chronique, comme au Sahel, au nord du Nigeria, en Centrafrique, dans les Grands Lacs ou à Madagascar, ce sont elles qui sont le plus amenées à consacrer leur travail à l’alimentation, à la santé, à l’éducation contribuant de la sorte à l’atténuation de la gravité de la situation et à la recherche de solutions. On le constate : les changements interviennent quand les paysannes en viennent à occuper un rôle croissant dans des activités génératrices de revenus monétaires qui leur confèrent une certaine autonomie. Autrefois très structurantes, les relations lignagères sont de plus en plus mises en question, voire disqualifiées par la capacité d’organisation des femmes, par l’ouverture des marchés et par les modes de communication (radio, téléphone) ouvert sur l’extérieur.
Contexte
Ce colloque se situe dans le cadre d’un projet de coopération internationale financé par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) du Québec en partenariat avec l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et l’Agence nationale d’appui au développement rural de Côte d’Ivoire (ANADER). Ce projet porte sur le renforcement des capacités des femmes rurales pour assurer la sécurité alimentaire à travers l’innovation sociale et technologique. Comme le relève un rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les femmes constituent la majorité des producteurs agricoles et produisent plus de la moitié des denrées cultivées dans le monde entier (FAO, 2021). De plus, dans de nombreuses régions du monde, les femmes sont responsables de l’alimentation de la famille. Elles assument ce rôle tout en faisant face à des obstacles qui se combinent pour sous-estimer leur contribution. Dans les pays en développement, les femmes ont un faible accès à la propriété foncière, aux financements agricoles et aux innovations technologiques, alors qu’elles sont responsables de plus de 70 % de la production vivrière (FAO, 2021). Différentes innovations agricoles sont mises en œuvre par les gouvernements des pays en développement afin d’assurer une agriculture durable et une sécurité alimentaire. Cependant, il y a très peu d’amélioration technique et la productivité ne s’améliore pas de manière significative. Par ailleurs, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC), il existe un risque de « pénurie alimentaire » sur le marché mondial à cause des perturbations liées à la COVID-19 dans le commerce international et les chaînes d’approvisionnement alimentaire (Le Quotidien, 2020). Dans ce sens, le rapport de la FAO sur l’état de la sécurité alimentaire dans le monde de 2021 souligne la nécessité d’une réflexion plus approfondie sur la manière de mieux répondre à la situation mondiale de la sécurité alimentaire et de la nutrition.
Objectif du colloque
En s’inscrivant dans le contexte actuel de la pandémie de la COVID-19, ce colloque vise une meilleure compréhension des principaux moteurs des changements récents en matière de sécurité alimentaire et d’agriculture durable dans le but d’élaborer un corpus de connaissances qui permet d’accroître les capacités des femmes à assurer la sécurité alimentaire en contexte de COVID-19.
Titre du colloque :