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Anne Marchais-Roubelat : Conservatoire national des arts et métiers
Alors que les rapports du GIEC se succèdent, leurs conclusions s’affinent et se précisent tandis que le diagnostic et les projections confirment les perspectives à l’horizon du milieu et de la fin du siècle. Le type de pression qu’exerce l’évolution du climat sur l’action publique peut être comparé à celui qu’exerce un contexte extrême sur l’action organisationnelle au sens large. Confidentiel dans les années 70, ce caractère extrême du contexte de l’action publique est aujourd’hui largement perçu et intégré dans le développement durable qui s’est institutionnalisé entre-temps. Le cadre d’action publique forgé à un moment où l’enjeu climatique était perçu avec moins d’acuité reste-t-il pertinent au moment où le 6e rapport d’évaluation du GIEC reflète le caractère d’urgence du contexte climatique ? A travers une mise en perspective historique fondée sur des documents d’archives, des politiques climatiques françaises, des résultats d'observation ethnographique participante et des entretiens, nous montrons que le contexte risqué dans lequel s’est construite la gouvernance de l’urgence climatique est devenu aujourd’hui un contexte d’urgence qui contraint l’action publique à innover pour tenir compte de la transformation de ses conditions initiales d’efficacité. La répétition des catastrophes climatiques conduit à envisager un scénario de basculement du contexte actuel d’urgence vers un contexte disruptif dont les caractéristiques doivent pouvoir être anticipées dès à présent.
Dans un contexte d’urgences écologique et climatique, ce colloque vise à interroger de manière pluridisciplinaire les nouveaux agencements de l’action publique, l’évolution de ses modes d’instauration collective et les perspectives expérimentées. Il s’agit d’examiner ces gouvernances de l’action publique du point de vue des ruptures réelles qu’elles incarnent, mais aussi en considérant les problématiques et les controverses qui les accompagnent. Quels sont donc ces agencements à partir desquels s’instaurent potentiellement de nouvelles configurations sociopolitiques et sociocognitives? Il s’agit plus précisément d’appréhender cette question en mettant en dialogue des recherches touchant à une diversité de défis écologiques et d’impacts climatiques (enjeux de résilience et d’adaptation, déplacement des populations, impacts sanitaires, modèles agricoles, mondes urbains, problématiques des pollutions, préservation de la biodiversité, par exemple). Nous invitons les chercheurs/chercheuses, étudiants/étudiantes et représentants/représentantes des milieux de pratique à participer à ce colloque en proposant une communication orale. Cet appel à communications est ouvert à toutes les approches et disciplines qui s’intéressent à la question (sciences politiques, sciences de l’information et de la communication, sciences de la gestion et du management, sciences environnementales, sociologie des sciences, géographie, aménagement et urbanisme, etc.). La nature des propositions attendues peut varier (recension des écrits, résultats préliminaires, recherche originale) et les communications en partenariat avec les parties prenantes sont encouragées.
Les propositions doivent s’inscrire dans l’un des quatre axes suivants (voir l’appel détaillé) :
Titre du colloque :