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Apprendre le français à Québec lorsqu’on est immigrant temporaire allophone en emploi

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Stéphanie Arsenault : Université Laval

Résumé de la communication

Le nombre de résidents temporaires admis annuellement au Québec est désormais largement supérieur à celui des résidents permanents. En 2019, 40 565 résidents permanents ont été admis contre 135 811 résidents temporaires. Parmi ces derniers, on trouvait 63 125 travailleurs temporaires, 56 550 étudiants étrangers et 16 136 demandeurs d’asile. Chez les résidents temporaires des programmes des travailleurs étrangers temporaires et de mobilité internationale, 74,1% et 34,2% respectivement ne connaissaient pas le français à leur arrivée et c’était le cas chez 46,2% des étudiants étrangers (Gouvernement du Québec,2020). Dans ce contexte, notre étude a cherché à :comprendre les motivations et les besoins des migrants temporaires en situation d’emploi face à l’apprentissage du français; documenter les initiatives et programmes ouverts aux migrants temporaires en situation d’emploi dans la ville de Québec, et à décrire les obstacles et les facilitateurs rencontrés par ces immigrants dans l’accès à l’apprentissage du français. Pour y arriver nous avons réalisé 15 entrevues individuelles avec des résidents temporaires allophones en emploi dans la région de Québec durant les mois de février à avril 2022. Dans le cadre du présent colloque, nous présenterons les résultats en mettant l’accent sur le besoins ressentis en matière d’apprentissage du français chez les personnes rencontrées ainsi que sur les obstacles et les facilitateurs identifiés dans leurs parcours.

Résumé du colloque

L’accueil et la présence au Québec des immigrants à statut précaire sont en croissance. Leur arrivée récente ainsi que leur inclusion suscitent un grand intérêt dans les milieux communautaires, gouvernementaux et universitaires. Parmi les enjeux qui interpellent ces milieux, on note : l’assouplissement des politiques publiques favorisant l’immigration temporaire; les mesures mises en place pour limiter leur accès à la résidence permanente, comme la réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) en 2019; le manque de services adéquats répondant à leurs besoins; les conditions d’emploi dans leurs milieux de travail; la qualité et l’accès aux logements et, en termes généraux, le respect et la protection de leurs droits fondamentaux. Surgissent alors des questions au sujet des stratégies entreprises par les immigrants à statut précaire afin de faire face aux défis rencontrés. Quelles sont les réponses des institutions et des organismes quant aux demandes et aux besoins de cette population? Quelles sont les représentations sociales qui interviennent dans la construction des relations et des rapports de pouvoir entre la société d’accueil et ces nouveaux arrivants aux statuts précaires? C’est en partageant ces questions que ce colloque propose un débat interdisciplinaire et interrégional sur les différents enjeux touchant les parcours de vie des personnes immigrantes à statut précaire au Québec. Il vise également à ouvrir une discussion autour de la catégorie en soi : que comprenons-nous des statuts migratoires précaires? Ce débat nous semble important, notamment parce que le « statut migratoire précaire » ne constitue pas une catégorie juridiquement reconnue au Canada. Cependant, l’expression est de plus en plus utilisée dans différents discours. Notons ici, à titre d’exemple, son inclusion explicite dans le projet de loi no 83 de 2021 concernant l’admissibilité au régime d’assurance maladie et au régime général d’assurance médicaments de certains enfants dont les parents ont un statut migratoire précaire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 12 mai 2022

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